Mémoires d'un pays
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General History

  Par rapport aux autres groupes d’immigrants, la présence des Iraniens au Canada est relativement récente. Encore à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il n’y en avait qu’une douzaine au Canada. Les Iraniens ne faisaient pas partie de la vague d’immigrants qui a déferlé après la guerre. Dans les années 1950 et 1960, le Canada n’en accueillait qu’entre dix et cent par année.1
La première vraie vague d’immigrants iraniens est arrivée au Canada dans les années 1970, leur effectif passant de 100 par année à 600 en 1978. Après la révolution iranienne et le renversement de la monarchie, le nombre de nouveaux venus a rapidement grimpé à plusieurs milliers par année. Ce rythme s’est maintenu durant la guerre Iran-Iraq et les années 1990.(2)

Certains ont immigré pour des raisons économiques, mais la plupart sont venus au Canada pour des motifs politiques, c’est-à-dire pour fuir l’horreur de la guerre Iran-Iraq. La venue des Iraniens au Canada a été facilitée par les changements apportés aux règles d’immigration qui évaluaient désormais les immigrants éventuels d’après un système de points bien précis qui tenait compte de l’instruction et du métier exercé. Le pays d’origine, critère important d’après les anciennes directives sur l’immigration, n’était plus pris en considération. Le Canada était officiellement devenu un pays multiculturel qui non seulement encourageait la venue de groupes non traditionnels, mais facilitait ces mouvements en mettant de l’avant des programmes qui permettaient à ces groupes de conserver leur culture et leurs traditions au Canada.(3)

L’Iran abrite à l’intérieur de ses frontières une minorité ethnique qui demeure fidèle à sa culture : les Kurdes. Peuple sans patrie comptant vingt-cinq millions de personnes, les Kurdes revendiquent un territoire de 200 000 milles carrés qui chevauche les frontières de la Turquie, de l’Iraq et de l’Iran. Ce groupe résolument tribal est loyal à ses clans et à son chef, et de ce fait, il lui a été difficile de faire valoir ses droits et de revendiquer avec succès son territoire.(4)

C’est à la fin de la Première Guerre mondiale que les Kurdes sont passés le plus près d’être reconnus comme nation. Dans son exposé en 14 points qui est devenu le fondement de la Société des Nations, le président américain Woodrow Wilson tenait à ce que les minorités résultant de l’éclatement de l’Empire ottoman aient la possibilité de se constituer en nations. Le Traité de Sèvres, en 1920, promettait aux Kurdes qu’ils pourraient constituer un État. Mais lorsque la région a été divisée en différentes parties attribuées à la Syrie, à l’Iran, à l’Iraq et à la Turquie, les Kurdes ont été exclus. Depuis, les Kurdes ont été persécutés et privés de leur identité et de leur nationalisme.(5)

Durant la guerre entre l’Iran et l’Iraq, les deux pays en ont profité pour bombarder les Kurdes, détruisant souvent des villages situés à l’intérieur de leurs propres frontières.6 L’attention du monde a de nouveau été attirée sur la situation critique des Kurdes lorsque Saddam Hussein a répandu des gaz sur un village kurde situé en territoire iraqien, tuant tous ses habitants. L’image d’un père mort étendu sur le cadavre de son fils dans une vaine tentative pour le protéger des gaz a rappelé au monde que les Kurdes vivaient une situation intolérable.

Une partie des réfugiés iraniens, iraqiens et turcs qui trouvent asile au Canada sont d’origine kurde. Comme les autres immigrants, les Kurdes ont tendance à s’établir dans les grands centres urbains, à Toronto et dans le Sud de l’Ontario pour la grande majorité.

Les immigrants en provenance de l’Iran sont en général instruits, motivés et tournés vers l’entreprise. Même si certains Canadiens craignent qu’ils ne leur volent leur emploi, ces craintes ne sont pas fondées. En effet, nombre d’Iraniens ont lancé leurs propres entreprises, souvent dans l’importation et l’exportation, et engagent des Canadiens pour travailler pour eux.(7)

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