Mémoires d'un pays
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General History

 

Héritage

Les Anglais ont eu une influence profonde sur le Canada. Pendant une grande partie des deux derniers siècles, les Anglais ont considéré le Canada comme leur colonie. Bon nombre d’institutions du Canada, comme l’appareil judiciaire, le régime parlementaire, le cabinet décisionnaire et le système scolaire, s’inspirent du modèle britannique. Les Anglais et les Français sont considérés comme les « peuples fondateurs » du Canada. Même si le nombre d’immigrants anglais a chuté au cours des trente dernières années, le recensement indique que les Canadiens s’identifient surtout à la culture anglaise.

C’est la révolution industrielle qui a incité la plupart des immigrants anglais à venir au Canada. Dans les années 1830, les travailleurs britanniques ont décidé de créer des syndicats et des associations pour protéger leurs droits. Robert Owen, par exemple, a constitué les Grands Syndicats Nationaux qui, dans les années 1830, comptaient un million de membres. Les groupes ouvriers ont rédigé une charte comportant six exigences de base pour l’amélioration de leur sort. Cinquante mille tenants de cette charte sont descendus dans les rues de Londres. La vue de cette foule organisée en défilé a effrayé la classe dirigeante britannique.(13)

Le mouvement en faveur de la charte s’est effondré à la suite d’un scandale. On a en effet découvert que dans une pétition présentée au Parlement, un certain nombre de signatures, dont celle de la reine Victoria, avaient été falsifiées. Le défilé n’a toutefois pas été interdit.

Le Parlement a instauré une série de réformes pour améliorer la condition des travailleurs. (14)Ceux-ci se sont organisés à l’intérieur de sociétés comme l’Independent Order of Forresters, les Oddfellows et les Antediluvian Buffaloes. Ils se réunissaient dans les pubs, où ils pouvaient se détendre et discuter. Ils ont notamment obtenu pour leurs membres une assurance couvrant les dépenses en cas de décès ou de maladie. Ces sociétés se sont transportées au Canada avec la venue des indigents et de la classe ouvrière au milieu et à la fin du XIXe siècle. Ils avaient connu les côtés négatifs de la révolution industrielle, et ils tenaient à ne pas être exploités de la même façon au Canada. Le mouvement socialiste ici tire son origine de l’Angleterre industrielle. De même, le Nouveau Parti démocratique du Canada est le pendant du Parti travailliste anglais, en ce qui concerne non seulement ses revendications et sa vision, mais également son fonctionnement interne et sa charte.(15)

Irene Parlby a été élevée dans la classe privilégiée du Londres victorien. Elle savait que la classe ouvrière souffrait, mais elle n’avait pas à endurer ses épreuves. Dans les lots de colonisation de l’Alberta, toutefois, il n’existait pas de barrières entre les classes, et on attendait d’elle qu’elle se charge des corvées de femme d’agriculteur, comme tout le monde. Elle a donc elle aussi élevé des enfants et souffert comme les autres colons du manque de soins de santé et d’écoles pour sa progéniture. Ayant vécu en Angleterre, Irene et son mari Walter savaient qu’il était important que les fermiers puissent se regrouper dans un syndicat pour faire valoir leurs droits. Mais c’est cette faculté de renoncer à la culture de la classe supérieure pour s’intéresser au sort des fermiers qui a donné tant de poids aux arguments d’Irene en faveur de l’amélioration de la situation des familles rurales albertaines.

Chaque fois qu’elle le pouvait, Irene prêchait en faveur de la coopération et du monde meilleur dont chacun pourrait profiter si fermiers et politiques, peu importent leur rang social, leur éducation ou leur bagage culturel, pouvaient se donner la main.

N O T E S


1, 2, 6, 7, 9, 10, 15 L’Encyclopédie canadienne, édition 2000, directeur de la rédaction James H. Marsh, McClelland & Stewart Inc., The Canadian Publishers, Toronto (Ontario), 1999

3, 4, 5, 11, 13, 14 Our Cultural Heritage, par Sonia A. Riddoch, publié par Clarke, Irwin & Company Ltd., Toronto-Vancouver, 1979

8, 12 The Little Immigrants, par Kenneth Bagnell, Macmillan of Canada, Toronto, Canada, 1980

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