Mémoires d'un pays
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General History

 

Héritage

D’après le recensement de 1996, 729 455 Italiens vivent au Canada.(9) Près de 500 000 sont établis à Toronto ou dans les environs. Ce sont les descendants des deux grandes vagues d’immigrants qui ont déferlé sur le Canada.

Les nouveaux venus se sont regroupés, et avec chaque nouvelle arrivée, les quartiers prenaient un caractère italien encore plus distinctif. Ces quartiers étaient désignés sous le nom de « petites Italies ». Au début, les autres Canadiens donnaient une connotation péjorative à ce terme, mais les Italiens l’utilisent maintenant avec fierté et le font même figurer sur les plaques de rue. La plupart des Italiens fraîchement débarqués occupaient des emplois manuels et mal payés, dans les secteurs du nettoyage et de la construction. Ils étaient victimes d’exploitation et travaillaient dans des conditions déplorables et dangereuses.

Au début des années 1960, des travailleurs italiens ont perdu la vie dans un accident, pendant la construction de la ligne de métro de la rue Yonge, à Toronto. La population a alors pris conscience des risques en milieu de travail. À la suite de cet accident, les travailleurs italiens de la construction ont formé un syndicat et exigé des mesures de sécurité plus adéquates.

Les Italo-Canadiens faisaient appel à leurs parents et amis pour les aider à s’établir au Canada. Même s’ils ont maintenu ce réseau en place, ils n’ont jamais eu l’intention de s’isoler dans une enclave ethnique. En 1941, 45 % des Italiens étaient mariés à des personnes ne faisant pas partie de leur groupe ethnique.(10) Quatre-vingt-cinq pour cent des Italo-Canadiens parlent couramment le français, ce qui est bien supérieur à la moyenne nationale. Les premiers immigrants italiens étaient peu ou point instruits, mais ils ont fait comprendre à leurs enfants l’importance de faire des études.

En matière d’études universitaires, les Italo-Canadiens se situent dans la moyenne nationale ou la dépassent. Proportionnellement, ils comptent dans leurs rangs plus de médecins, de dentistes et d’avocats que la population en général. Ils représentent leurs concitoyens dans les trois ordres de gouvernement. La famille, la religion et les origines demeurent importantes pour eux, et collectivement, ils ont grandement contribué à la mosaïque canadienne.

Parmi les Italo-Canadiens de renom, citons Mario Bernardi, qui a été le premier chef de l’orchestre du Centre national des Arts à Ottawa, en 1968, et qui en a fait une formation de calibre international; Guido Molinari, peintre avant-gardiste; le regretté Bruno Gerussi, interprète de Shakespeare et vedette de la télévision; J.R. Colombo, auteur à succès; et Nino Ricci, écrivain.(11)

N O T E S

1, 2, 3, 4, 5, 7, 8 Eh, Paesan, Being Italian in Toronto, par Nicholas Demaria Harney, University of Toronto Press, 1991

6, 9, 10, 11 L’Encyclopédie canadienne, édition 2000, directeur de la rédaction James H. Marsh, McClelland & Stewart Inc., The Canadian Publishers, Toronto (Ontario), 1999


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