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Obstacles
La première vague était surtout constituée d’hommes célibataires peu instruits ou d’hommes mariés qui préparaient la venue de leur famille. Ils séjournaient à divers endroits. Ayant un pied-à-terre à Toronto ou Montréal, ils travaillaient pour les chemins de fer, défrichaient dans le Nord ou cueillaient des fruits dans la région de Niagara. Ils arrivaient au Canada en empruntant un réseau et n’y séjournaient qu’un certain temps. Ils devaient verser des pots-de-vin aux agents qui leur avaient permis d’immigrer. Ceux qui arrivaient vers la
fin de cette première période pouvaient trouver facilement
du travail en ville. De nombreux programmes étaient lancés
pour la construction d’infrastructures urbaines, de réseaux
d’égout, de routes et de lignes de tramway. Maçons,
briqueteurs, tailleurs, cordonniers et autres artisans enrichissaient
par leur travail les jeunes villes canadiennes. Désormais, les
immigrants italiens s’installaient dans les villes, faisaient venir
leurs familles et demeuraient au Canada. En octobre 1929, l’économie s’est effondrée. Pendant les dix années de « Grande Crise » qui allaient suivre, il n’y a pas eu d’immigration en provenance de l’Italie. C’est la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale qui a mis fin à cette période de grande noirceur. La Deuxième Guerre mondiale a peut-être représenté la crise la plus grave que les Italiens au Canada aient eu à traverser. Les gouvernements tant canadien qu’italien encourageaient les liens culturels et familiaux entre Italo-Canadiens et Italiens d’Europe. Pendant les années 1920 et 1930, nombre d’Italo-Canadiens avaient formé des associations pro-Mussolini ou appartenaient à des groupements fascistes. Les gens ignoraient les méfaits de ces régimes, mais voyaient dans ces associations une manifestation de fierté envers la culture italienne. En déclarant la guerre à l’Allemagne, le 10 septembre 1949, le Canada déclarait par le fait même la guerre à l’alliée des nazis, l’Italie. Au Canada, les Italiens qui
venaient des mêmes villes, villages ou régions de l’Italie
vivaient depuis trente ans dans les mêmes arrondissements. Ils avaient
constitué des communautés hermétiques, et on parlait
l’italien dans les commerces et dans la rue. Un fort sentiment d’interdépendance
unissait ces collectivités. Des gens d’affaire et leaders communautaires italo-canadiens en vue ont été rassemblés et envoyés dans des camps d’internement comme ceux de Petawawa, près d’Ottawa. Nombre d’associations et de clubs fondés par les Italiens dans les années 1930 ont été dissous. Les gens hésitaient soudain à parler l’italien ou à révéler leurs antécédents. Beaucoup d’Italiens ont changé leur nom de famille pour se dissocier de leurs origines italiennes. Ce n’est qu’en 1947 que les restrictions touchant l’immigration en provenance de l’Italie ont été levées. La première année, la plupart des immigrants arrivaient du Nord de l’Italie, mais la situation a vite changé, de sorte qu’en 1949, la deuxième grande vague d’Italiens du Sud a commencé à déferler. Entre 1946 et 1983, le Canada a accueilli 507 057 Italiens. De ce nombre, 70 % venaient du Sud, 12 % du Centre et 18 % du Nord de l’Italie. Soixante-dix pour cent des Italiens admis au Canada étaient pauvres et avaient quitté l’école avant la neuvième année. Ils se sont établis dans les villes canadiennes et ont occupé des emplois manuels de bas niveau. La culture italienne privilégiait la famille, le travail acharné et l’éducation. Les Italo-Canadiens de la deuxième génération fréquentent l’université et exercent des professions libérales dans les mêmes proportions que l’ensemble de la population, mais ils sont plus souvent propriétaires de leur maison.(8)
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