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Héritage
On
compte aujourd’hui dans tout le Canada plus de 128 600 membres des
communautés mennonites. Le siège de l’Église
mennonite du Canada est situé à Winnipeg. Une petite minorité,
les « mennonites de l’ordre ancien », continue de vivre
comme jadis dans des maisons sans électricité et de se déplacer
à cheval. Un de ses groupes importants est établi dans la
région de Kitchener/Waterloo, en Ontario.
Lorsque Jacob Penner est arrivé au Canada en 1902, il a été
frappé par les disparités économiques qui existaient
dans l’Ouest du Canada. Sa femme Rose, peut-être en réaction
à sa propre enfance malheureuse, veillait au bien-être des
enfants du couple.
Même s’il occupait
un emploi stable au service d’un fleuriste de Winnipeg qui faisait
affaire avec les familles les plus riches de la ville, Jacob luttait contre
les injustices sociales dont il était témoin. Il est devenu
un des organisateurs de la grève générale de Winnipeg.
Socialiste avant l’heure, il a été un des premiers
à se joindre au parti communiste. Même s’il avait une
jeune famille à sa charge, il était prêt à
perdre son emploi pour défendre ses convictions.
En 1933, même si son
allégeance communiste était bien connue, Jacob a réussi
à son troisième essai à se faire élire conseiller
municipal à Winnipeg. Il a usé de l’influence rattachée
à cette fonction pour tenter d’améliorer le sort des
pauvres. Il tenait en particulier à garder les jeunes occupés,
et il a proposé d’affecter une partie du budget du corps
policier à la construction d’une piscine pour la jeunesse
de Winnipeg. Son argument était que pendant que les enfants s’amuseraient
à la piscine, ils ne feraient pas les quatre cents coups.
En 1933, Winnipeg souffrait, comme le reste du pays, de la dépression
économique. Les jeunes hommes voyageaient clandestinement à
bord des trains de marchandises à la recherche d’emplois.
Jacob Penner préconisait l’établissement d’un
salaire minimum pour les travailleurs et d’un régime d’assurance-chômage.
Il existait pendant la Grande Crise un système de « secours
» prévoyant qu’un inspecteur visitait les maisons des
nécessiteux pour voir s’il s’y trouvait quelque chose
de neuf, comme un jouet ou un manteau, qui prouverait que ces ménages
n’avaient pas besoin d’assistance. Non seulement les gens
devaient-ils s’abaisser à demander du secours, mais la visite
de l’inspecteur leur faisait perdre leur fierté et les humiliait
en public.
Jacob Penner voulait dissocier
secours et humiliation. Il estimait que chacun avait droit à un
niveau de vie minimal. Durant les années 1930, il était
souvent le seul au conseil municipal de Winnipeg à préconiser
des changements sociaux. Le travail pour le bien de la communauté
est un thème cher aux mennonites. De nos jours, l’Église
mennonite s’efforce activement de faire avancer des causes sociales
et de créer des programmes pour les jeunes ainsi que des chorales.
Le Comité central mennonite est l’une des ONG (organisation
non gouvernementale) les plus actives et progressistes à préconiser
la justice dans le tiers monde.
Les mennonites russes qui ont créé des collectivités
dans les étendues sauvages des Prairies ont amené avec eux
un fort attachement aux causes sociales et communautaires. Nombre de mesures
de sécurité sociale que nous prenons aujourd’hui pour
acquis ont été proposées pour la première
fois par des gens comme Jacob et Rose Penner, qui ont lutté avec
l’acharnement de leurs convictions pour défendre les plus
faibles. Ils ont ainsi grandement contribué à la mosaïque
canadienne.(14)
N O T E S
1, 3, 6, 8, 9,
10, 13, 14 L’Encyclopédie canadienne, édition 2000,
directeur de la rédaction James H. Marsh, McClelland & Stewart
Inc., The Canadian Publishers, Toronto (Ontario), 1999
2, 4, 5, 11, Subjects
or Citizens? The Mennonite Experience in Canada, 1870 - 1925, par Adolf
Ens, Presses de l’Université d’Ottawa, 1994
7, 12, Mennonite
Historian, Volume XIX, No. 1, mars 1993. Inter-Mennonite Cooperation
and Promises to Government in the Repeal of the Ban on Mennonite Immigration
to Canada 1917-1922, par Peter H. Rempel. http://www.mbnet.mb.ca
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