Mémoires d'un pays
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General History

   Obstacles

L’histoire des Allemands au Canada se confond avec celle des Britanniques. Les deux peuples étaient étroitement liés, tant au niveau de leur famille royale respective qu’à celui de leurs cultures. Allemands et Britanniques étaient des races nordiques, et les premiers ont appuyé Wolfe dans sa victoire sur les Français sur les plaines d’Abraham.
Les Allemands ont combattu aux côtés des Britanniques durant la guerre de l’Indépendance américaine. Le tiers des Loyalistes de l’Empire-Uni qui ont quitté les États-Unis pour le Canada après ce conflit étaient des Allemands. Ceux-ci accompagnaient Edward Cornwallis lorsqu’il a fondé Halifax, et leurs descendants sont encore nombreux en Nouvelle-Écosse. En fait, un fort pourcentage des familles de cette province sont d’origine allemande.

Les épreuves qu’ont endurées les premières vagues d’immigrants allemands étaient similaires à celles qu’ont traversées les autres groupes de nouveaux arrivants qui ont édifié une nation dans la nature sauvage. On estimait que les Allemands étaient mieux adaptés aux rigueurs de la vie de pionnier, et ils ont acquis la réputation d’être indépendants et moins sensibles aux souffrances qu’ils devaient endurer.

Entre 1814 et 1913, près de six millions d’immigrants germanophones sont arrivés en Amérique du Nord. La plupart ont opté pour les États-Unis. La majorité de ceux qui se sont dirigés vers le Canada se sont installés en Ontario où des peuplements allemands se sont organisés. On parlait l’allemand dans les écoles, les commerces et les églises. Entre 1870 et 1914, les Allemands de l’Ontario et de la mère patrie ont entrepris de coloniser l’Ouest canadien. Ce sont les immigrants allemands et ukrainiens qui ont fourni la main-d’œuvre et les compétences nécessaires pour transformer les Prairies sauvages en un des greniers du monde.

Il y avait peu de discrimination à l’égard des Allemands, et les plus hauts niveaux du gouvernement canadien vantaient leur culture.
Ce n’est que lorsque la Grande Guerre a éclaté que les Allemands ont eu à souffrir des préjugés et de la discrimination qui étaient le lot de tant d’autres groupes d’immigrants. Considérés comme des sujets d’un pays ennemi, on les soupçonnait d’être déloyaux envers la Couronne. Pendant la guerre, des Allemands ont été internés, ont perdu leur emploi et ont été frappés d’ostracisme par leurs voisins et amis.

Certains ont vu leurs magasins et commerces être vandalisés ou ont dû quitter la ville. En 1916, il est devenu illégal de parler l’allemand, et les écoles allemandes ont été fermées. La ville de Berlin, en Ontario, a été rebaptisée Kitchener, et les citoyens allemands ont perdu leur droit de vote. Entre les deux guerres, une nouvelle vague d’Allemands a afflué au Canada, mais contrairement à ceux qui étaient arrivés avant la Première Guerre, ces nouveaux immigrants se sont assimilés à la majorité britannique.

D’autres Allemands sont arrivés en grand nombre après la Deuxième Guerre. Plus instruits et urbains, ces nouveaux arrivants ne se sont pas installés dans les régions traditionnelles et ont évité de faire étalage de leurs origines allemandes. De nos jours, on compte peu d’ouvrages sur l’expérience des Allemands au Canada. Même s’ils constituent le groupe ethnique le plus nombreux, ils préfèrent garder le silence.

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