Mémoires d'un pays
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General History

   Obstacles

L’archipel de Malte comprend trois îles, et l’île de Malte proprement dite n’a que 30 kilomètres de long. Comme l’espace est restreint, une partie de la population a toujours dû émigrer. Jusqu’aux années 1800, la plupart de ceux qui quittaient les îles s’établissaient en Italie, en Afrique ou en France. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que le Canada est devenu une destination privilégiée pour les Maltais, et il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que leur nombre ici devienne appréciable. Le premier immigrant maltais dont il est fait mention au Canada était Louis Shikluna, qui s’est installé dans la région de St. Catharines, en Ontario. Il a ouvert un chantier naval sur le canal Welland Canal et y a construit plus de cent navires qui ont navigué sur les Grands Lacs. En 1890, un groupe de fermiers maltais est arrivé au Canada et s’est dirigé vers la région de Windsor. En 1911, les gouvernements maltais et canadien ont commencé à encourager fortement les immigrants éventuels à choisir le Canada comme destination. Ces efforts ont fait augmenter l’effectif maltais de 2 000 personnes de 1911 à 1920. Les Maltais se sont dispersés dans tout le Canada, s’installant dans chacune de ses grandes villes. Ainsi, Winnipeg a accueilli 300 immigrants maltais en 1913. La plupart des nouveaux arrivants ont toutefois opté pour Toronto.(10)

La première vague d’immigrants maltais au Canada entretenait des illusions. Ils espéraient améliorer leur situation économique et rêvaient d’une vie merveilleuse dans leur pays d’adoption. Ils n’étaient cependant pas préparés pour l’hiver canadien. Mal vêtus, pauvres et peu instruits, ils se sont installés au même endroit. L’église de Notre-Dame du Mont-Carmel, au coin des rues Dundas et St. Patrick, est devenue le lieu de ralliement de cette collectivité. En 1922, ce groupe d’immigrants récents a constitué la Société canadienne-maltaise de Toronto. Un des premiers objectifs du groupe était d’accueillir dans ses rangs un prêtre maltais qui pourrait pourvoir à temps plein à ses besoins spirituels. La communauté maltaise a tissé des liens avec les Italiens de Toronto car les deux groupes avaient des points en commun sur les plans de la culture, de la religion et de l’éducation.(11)

Lorsque le Maltais John Giordmaine est arrivé à Toronto en 1919, il savait que nombre de ses compatriotes s’étaient installés dans un secteur connu sous le nom de « la Jonction », au coin des rues Runnymede et Dundas. Même si la plupart d’entre eux ne vivaient à Toronto que depuis quelques années à peine, ils entretenaient déjà des liens avec une grosse entreprise du secteur, la Swift Packers Company. C’est en raison de ses origines maltaises et de sa formation d’électricien que John a été embauché par la Swift. Dans cette entreprise, les langues de travail étaient le maltais et l’anglais. John a commencé à œuvrer activement au sein de la communauté maltaise. Il a contribué à la campagne visant à recruter un prêtre maltais et est devenu membre de l’ancien Ordre des Chevaliers de Malte.

De nos jours, à l’aube d’un siècle nouveau, les Maltais sont désignés sous le nom de « minorité invisible » en raison de leur faculté d’adaptation à leur nouveau pays. Comme les Maltais ont été fortement influencés par les Britanniques et que la plupart sont polyglottes, ils se sont rapidement intégrés à la société canadienne.

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