Mémoires d'un pays
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Le Printemps de Prague

En 1938, les nazis s’élevaient contre la Tchécoslovaquie et en revendiquaient le territoire. Tout au long de la guerre, ce pays est demeuré sous le contrôle brutal du IIIe Reich. À la fin de la guerre, en 1945, les Tchèques et les Slovaques sont demeurés unis au sein d’un même pays et, pendant une brève période, ont contrôlé leur propre destinée. Des cendres du IIIe Reich a surgi l’Union soviétique, qui a profité de l’absence de leadership pour s’emparer des pays de l’Europe de l’Est.

Les Tchèques et les Slovaques s’étaient libérés des chaînes d’un maître pour mieux tomber sous le joug d’un autre. Le parti communiste, Staline à sa tête, constituait un régime brutal qui ne tolérait aucune expression d’opposition. Les droits qui avaient été exercés au cours de la brève période de 1945 à 1948 (élections libres, libertés de parole, de pensée, de mouvement ) ont été supprimés. La police secrète était omniprésente. Quiconque osait parler contre les Soviets était aussitôt considéré comme un ennemi de l’État. Les peines encourues allaient de l’expulsion du parti (qui privait le coupable de la possibilité de trouver un emploi et de voir ses enfants admis à l’université) à l’emprisonnement. Les prisons tchécoslovaques se sont vite remplies d’opposants au régime. De sombres nuées s’accumulaient au-dessus de la Tchécoslovaquie dont les habitants vivaient sous des contrôles si stricts et menaient une existence si misérable qu’il était rare de voir un sourire et encore plus rare d’entre des rires.

En janvier 1968, un poète tchécoslovaque du nom d’Alexandre Dubcek prenait la tête du parti communiste de la Tchécoslovaquie. Il a procédé à des réformes qui ont étonné le monde et ramené l’espoir dans son pays. Il a ouvert les portes des prisons et libéré les dissidents politiques. Certains y croupissaient depuis près de vingt ans pour avoir exprimé leurs idées. Il a permis au peuple tchécoslovaque de prendre en main sa propre destinée. C’était comme si une soupape de sûreté s’ouvrait. Les gens souriaient et se tournaient confiants vers l’avenir. Le peuple tchécoslovaque s’affranchissait de la répression de l’Union soviétique comme on se débarrasse d’un lourd manteau le printemps venu. Les Soviétiques observaient la scène pendant que le monde retenait son souffle.

En août 1968, l’Union soviétique réagissait en lançant ses chars dans les rues de Prague. Les gens sont descendus dans la rue pour encercler les édifices du Parlement, dans l’espoir de défendre Dubcek et les réformes qu’il avait lancées. Deux jours plus tard, le monde a entendu avec horreur l’appel lancé par les habitants de Prague pour qu’ils ne soient jamais oubliés. Les réformes venaient de prendre fin.

La main de fer et la botte de l’Union soviétique ont vite ramené la Tchécoslovaquie dans le giron communiste. Des centaines de milliers de membres du parti en ont été expulsés. Des milliers ont été jetés en prison et condamnés à des décennies de travaux forcés pour avoir osé défier l’autorité soviétique. Des milliers d’autres ont réussi à fuir la Tchécoslovaquie, et certains, comme les Jiranek, ont abouti au Canada pour en enrichir la culture.