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HÉRITAGE
Antonio
da Silva a constaté des similitudes remarquables entre son héritage
portugais et la population terre-neuvienne. Les deux cultures étaient
étroitement liées à la mer, profondément attachées
au catholicisme et partageaient un amour pour la musique et la danse folkloriques.
Vers la fin des années 1920, Antonio se sentait à peu près
comme chez lui. Il a marié une jeune fille, Mary Slaney, qui avait
elle aussi perdu son père en mer. Ensemble, ils ont élevé
sept enfants.
La maison des da Silva était
le reflet du mode de vie et de l'identité culturelle portugais,
ou un portuguesismo comme on l'appelle. Les Portugais sont passionnés
par leur identité culturelle, décrite comme un mélange
complexe d'attitudes, de sensibilités, de valeurs et de coutumes
associées à la langue, à la littérature et
à la musique. On dit que l'intensité de cette identité
a ralenti le processus de leur intégration, surtout au sein de
la classe ouvrière. Dans un numéro de 1973 du Weekend Magazine,
Joan Nankivell proclamait en tête de son article :
« Ils ne sont jamais vraiment partis de chez eux : à Toronto
75 000 Portugais ont créé une communauté qui se réclame
autant du Portugal que du Canada. »(20)
Une
des contributions les plus manifestes des Portugais au Canada est la série
de restaurants où l'on sert leur cuisine ethnique distinctive.
À Toronto, des restaurants se spécialisent dans le poulet
grillé à la façon portugaise : rôti au tournebroche,
puis mariné dans une sauce piri-piri douce ou piquante. Les Portugais
sont renommés pour leur poulet, mets de choix tirant son origine
d'une ancienne légende à propos d'un coq. Le coq noir à
poitrine rouge est une représentation typiquement portugaise qu'on
trouve fréquemment sur les enseignes et dans les décors
des restaurants. Figurent également parmi les spécialités
portugaises des plats comme le porco alantejano, mélange de porc
et de praires, ainsi que plus de mille recettes pour apprêter la
morue. Dès qu'une communauté portugaise se constitue, des
poissonneries, des étals de saucisses, des boucheries et des épiceries
ouvrent immanquablement.21
Malgré ces preuves que
les premiers groupes de Canadiens portugais s'efforçaient d'entretenir
leur portuguesismo, on dit que les rivalités associées aux
régions et classes d'origine au Portugal ont empêché
que s'établisse au niveau communautaire une coopération
cohérente. Néanmoins, les activités récréatives
des immigrants de la première génération étaient
parrainées par des clubs associés à des paroisses
ou à des partis politiques. La vie culturelle était faite
d'activités populaires comme des parties de soccer, des réunions
dansantes, des pique-niques et des spectacles musicaux. Les enfants de
la première génération participaient souvent à
des activités sociales qui se déroulaient en portugais.
C'est moins souvent le cas pour les enfants des générations
subséquentes ayant étudié au Canada. Des cours sur
le patrimoine culturel et la langue du Portugal sont actuellement donnés
dans des écoles du soir et diverses universités au Canada.(22)
La
musique portugaise a grandement enrichi la tradition canadienne de la
chanson folklorique. Les chansons portugaises relatent souvent les expériences
que quelqu'un vit dans le monde. Le genre de chant portugais le plus connu
est le fado, mot signifiant destin. Les fados sont habituellement des
chants nostalgiques et tristes, accompagnés à la guitare.
Un fado célèbre a pour titre Lisboa Antiga et décrit
les splendeurs passées de la capitale du Portugal. Il existe également
de nombreux fados do emigrante ayant pour thème l'éloignement
de la famille et des êtres chers.23 Ce sont probablement ces fados-là
qu'Antonio da Silva aurait chantés lorsqu'il s'ennuyait de la famille
qu'il avait laissée derrière lui au Portugal et avec laquelle
il n'avait jamais repris contact.
Notes
En Fin De Texte:
- 1,
6, 8, 10, 19, 22
The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(Toronto, McClelland & Stewart, 1998).
2, 5, 9, 20, 21, 23
A Future to Inherit: The Portuguese Communities of Canada,
par Grace M. Anderson et David Higgs
(Toronto, McClelland & Stewart, 1976).
3, 4, 7, 11, 12, 18
A Canadian Profile: Toronto's Portuguese and Brazilian Communities
(Toronto, Portuguese Interagency Network, 1995).
13, 14, 15, 16, 17
Portuguese Immigrants: 25 Years in Canada,
par Domingos Marques et Joao Medeiros
(Toronto, Portuguese Community Movement, 1978).
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