Mémoires d'un pays
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General History

  OBSTACLES

Comme les autres immigrants slaves au Canada, les Polonais ont été victimes de discrimination et de préjugés dans un pays à majorité anglo-saxonne. On les traitait souvent de « maudits Polacks », surtout dans les cours d'école. Les immigrants polonais étaient affublés de surnoms péjoratifs et battus parce qu'ils étaient différents et ne parlaient pas la langue(8).

Les Polonais partageaient avec les premiers pionniers irlandais la région de colonisation de Kaszuby, dans le Nord de l'Ontario. Un antagonisme et une rivalité féroces divisaient ces deux groupes ethniques. Les Polonais se tenaient surtout entre eux et socialisaient peu avec les non-Polonais. Par contre, les Irlandais étaient probablement jaloux du caractère industrieux des Polonais. Ces derniers étaient renommés pour leur capacité exceptionnelle de défricher la terre et d'ériger leurs collectivités de fond en comble(9).

Pourtant, les Irlandais avaient sur les Polonais l'avantage évident de parler l'anglais. Les premiers immigrants polonais étaient illettrés, peu instruits. De plus, l'isolement et les efforts quotidiens pour survivre empêchaient nombre de Canadiens polonais de la génération suivante d'apprendre l'anglais. S'exprimant bien en anglais, les Irlandais pouvaient établir des contacts et avaient ainsi plus de chances d'occuper des postes officiels. On dit qu'ils affichaient souvent la supériorité de leur statut en traitant les habitants de Kaszuby d'« étrangers ». En réaction, ceux-ci se tenaient en bande et s'encourageaient en poussant leur cri de guerre « Ne cédez pas aux Irlandais(10)! »

Les Canadiens polonais ont également suscité de l'animosité et ont été accusés d'être des « étrangers » au cours des conflits de travail dans l'Ouest, pendant les années 1920. Certains immigrants polonais étaient encore attachés aux idéologies marxistes et communistes, aux doctrines d'un « mouvement radical » de gauche qui avait cherché des solutions aux problèmes économiques répandus en Europe. Durant la grève générale de Winnipeg en 1919, par exemple, les Européens de l'Est, y compris les Polonais, ont été la cible d'attaques mordantes de la presse qui décrivait l'arrêt de travail comme un « complot rouge » destiné à renverser de force le gouvernement(11).

Les Polonais arrivés au Canada après la Seconde Guerre étaient souvent des anciens combattants qui avaient souffert de traumatismes et d'insécurité dans les camps de secours européens. Ils éprouvaient de la difficulté à s'adapter à une vie normale au Canada. Nombre d'entre eux se considéraient comme des exilés. Ils ne voulaient pas retourner dans une Pologne dirigée par un régime communiste. La plupart de ceux qui ont immigré après la guerre avaient des compétences professionnelles, mais leurs titres n'étaient pas reconnus parce qu'il ne parlaient pas l'anglais. De nombreux Canadiens entretenaient des stéréotypes négatifs à propos des personnes déplacées par la guerre, de sorte que le terme « DP »(Displaced Person) a pris une connotation péjorative(12).

Notes En Fin De Texte:

1,3,5,6,7,13,14,16,17,18
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

2,4,9
The Proud Inheritance, Ontario's Kaszuby, ed., Anna Zurakowska
(The Polish Heritage Institute-Kaszuby, Ottawa, 1991).

8
The Polish Canadians,
par William Kurelek
(Tundra Books, Montreal, 1981).

11,12
The Polish People in Canada,
par William Makowski
(Tundra Books, Montreal, 1987).

15
The Poles in Canada,
par Ludwik Kos-Rabcewicz-Zubkowski
(Polish Alliance Press, Toronto, 1968).


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