Mémoires d'un pays
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General History

  HÉRITAGE

Malgré le déclin des vieilles coutumes norvégiennes dans l'Ouest, une identité culturelle distincte subsiste, les traditions étant perpétuées dans les festivals et l'art culinaire. Dans le cas des Westvick, c'est la musique qui les reliait à leur patrimoine. La petite ville de New Norway prenait un air cosmopolite au cours des réunions dansantes que les filles Westvick agrémentaient de leur jeu qui « faisait lever le piano de terre ». Des générations plus tard, les dîners en famille étaient encore suivis de récitals au cours desquels tous les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants tenus d'y assister démontraient leurs talents musicaux avec des chants et des danses.

Le ski est également une tradition norvégienne. Herman « Jackrabbit » Smith-Johannsen est souvent cité comme le père du ski canadien. Né à Horten, en Norvège, en 1875, on dit qu'il a appris à skier et à marcher en même temps. Immigré au Québec, il s'est adonné à sa passion dans les Laurentides. C'est là que les bûcherons cri de l'endroit, impressionnés par son aisance sur les pentes, l'ont surnommé
« Jackrabbit ». Devenu président du Club de ski de Montréal en 1931, on dit qu'il a ouvert plus de pistes de ski que n'importe quel autre Canadien, ayant fondé des clubs de ski dans au moins 23 localités. Johannsen est devenu membre de l'Ordre du Canada en 1972, à l'âge de 97 ans, pour sa contribution au ski canadien(13).

Anne Heggtveit est une autre célèbre skieuse canadienne d'origine norvégienne. Aux Jeux olympiques de 1960, elle a remporté la première médaille d'or du Canada en ski dans l'épreuve de slalom ainsi que les titres mondiaux combinés de slalom et de ski alpin. Elle est aussi membre de l'Ordre du Canada(14).

Les institutions luthériennes de Norvège sont toujours présentes au Canada. Ni le Lutheran Collegiate Bible Institute à Outlook, en Saskatchewan, ni le Canadian Lutheran Bible Institute à Camrose, en Alberta, n'ont cédé le pas à la société laïque d'aujourd'hui. Ils continuent de fournir des travailleurs dans le cadre de programmes religieux, au pays et à l'étranger, et font partie de la « zone fondamentaliste » de l'Ouest(15).

Les Norvégiens sont également connus pour leur attachement aux principes égalitaires. On a observé que ces principes découlaient de la doctrine luthérienne selon laquelle les individus sont libres et non brimés dans leurs droits par le gouvernement, les privilégiés ou les puissants. Ainsi, c'est en accord avec une tradition norvégienne que le Canada a créé la fonction civique d'ombudsman. Ce fonctionnaire ne rend compte qu'au Parlement, est libre d'examiner les activités de tout ministère si un citoyen dépose une plainte justifiée, exerce un contrôle sur les systèmes gouvernementaux et s'assure qu'ils sont conformes aux principes et processus de base de la démocratie(16).

La peinture canadienne a également subi des influences norvégiennes. On dit qu'en 1912, Lawren Harris et J.E.H. MacDonald du Groupe des Sept ont assisté à une exposition d'artistes scandinaves à New York et qu'ils ont été fortement impressionnés par ce qu'ils y ont vu. Ils ont aimé leur façon audacieuse, colorée et rythmique de peindre, qu'ils pensaient adopter dans leurs propres œuvres; eux-mêmes n'avaient pas encore développé de style distinct(17).

Les Canadiens ont également adopté le smorgasbord norvégien, formule du " brunch-buffet " permettant de servir de nombreux convives(18).

Les clubs et les sociétés ethniques norvégiens au Canada continuent de promouvoir les vols nolisés vers la Norvège afin que les nouvelles générations prennent conscience de leur patrimoine distinct. On a noté récemment une réaffirmation de l'identité norvégienne. Les cours de langue norvégienne gagnent en popularité. Les jeunes générations de descendance norvégienne sont de plus en plus intéressées à retrouver leurs racines(19).

Notes En Fin De Texte:

1,5,6,7,12,14,19
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

2,3,4,8,9,10,11,13,15,16,17,18
From Fjord to Frontier, A History of the Norwegians in Canada,
par Glubrand Loken
(McClelland and Stewart, Toronto, 1980).


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