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OBSTACLES
La Grande Crise allait toutefois tout changer pour le prospère Norvégien. Elle a frappé le plus durement ceux qui ne disposaient pas de réserves. L'afflux massif d'immigrants et la croissance rapide de l'économie des Prairies entre 1900 et 1915 avaient séduit. Les fermiers avaient été attirés par les espaces de plus en plus vastes qui pouvaient être cultivés et exploités grâce aux machines agricoles. Ils ont doublé et triplé la superficie de leur ferme en s'endettant, comptant sur leur prospérité future pour rembourser. La crise a toutefois frappé sans prévenir. Du jour au lendemain, on ne trouvait plus d'argent pour payer les factures et les hypothèques(8).
Comme l'économie locale de New Norway s'effondrait, nombre de familles ne pouvaient plus se permettre de faire instruire leurs enfants. Sivert Westvick était si affable et généreux qu'il acquiesçait aux demandes de tout le monde, ne pouvant rien refuser. Prodigue à l'excès, il a été contraint de vendre son magasin. À mesure que les gens quittaient la région, les écoles fermaient, et le rêve d'une nouvelle Norvège dans les Prairies s'est estompé Des colons norvégiens se sont réinstallés dans divers coins des Prairies, mais cette fois sans l'espoir et l'enthousiasme pour recommencer. La Seconde Guerre mondiale a causé un autre genre de frustration, celle de se sentir abandonné par l'Est du Canada. Un système de tarifs destiné à protéger les manufacturiers de l'Est a fait grimper les prix des machines et des camions dans l'Ouest. Et les tarifs marchandises visaient plus à exploiter l'Ouest qu'à le construire. Ces griefs ont incité les colons de l'Ouest à commencer à élire leurs propres contestataires à Ottawa. Ils revendiquaient le droit de contrôler leurs richesses naturelles et les mêmes privilèges accordés à toutes les autres provinces. Cette lutte pour l'indépendance et la reconnaissance a motivé la création des magasins coopératifs, des coopératives de crédit, des syndicats du blé et des régimes d'assurance-maladie, préoccupations constantes des premiers politiciens des Prairies de l'époque. On s'accorde pour dire que les Norvégiens ont souvent fait figure de meneurs pour livrer et gagner ces batailles(10).
D'autres localités ont
toutefois pu conserver leurs appellations d'origine, comme Bardo, Edberg
et New Norway, en hommage aux pionniers norvégiens qui avaient
été les premiers à défricher la terre. Mais
avec les années, nombre de traditions norvégiennes ainsi
que la langue se sont presque perdues. La population norvégienne
de ces villages périclitait, et la relève assurée
par les immigrants se faisait rare. La prédominance de la culture
anglo-saxonne a inévitablement contribué à intégrer
les Norvégiens à la société canadienne(12). Notes En
Fin De Texte:
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