Mémoires d'un pays
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  HÉRITAGE

Bao et Binh Lai, nouvellement arrivés, rêvaient de monter leur propre entreprise, d'être leur propre patron et de prendre soin de leur mère et de leur père pendant leurs vieux jours. Bao était un menuisier qualifié au Vietnam, et il s'est vite rendu compte que le métier était pratiqué de façon similaire au Canada. Une dizaine d'années après leur arrivée, Bao et Binh Lai lançaient une entreprise, City Cabinets, spécialisée dans la fabrication d'armoires de cuisine. Deux décennies après avoir quitté son Vietnam natal, la famille Lai s'était intégrée à une collectivité prospère du Sud-Est asiatique et à l'économie florissante d'Edmonton, en Alberta.

Comme bien d'autres immigrants indochinois au Canada, les Lai s'en remettent pour une large part aux systèmes de soutien familial. Pour les Indochinois, la famille a toujours été l'institution sociale centrale. La famille vietnamienne est cimentée par la piété filiale. Le fait de ne pas prendre soin de ses parents de façon appropriée est considéré comme une honte sociale. Pour ceux qui ont immigré avec leur famille et réussi à rester ensemble ou pour ceux dont la famille a pu être réunie, l'importance primordiale de la famille a été maintenue au Canada(9).

Bao et Binh Lai rêvaient de fonder une entreprise florissante en partie pour pouvoir assurer le bien-être de leurs parents. Dès qu'ils ont pu le faire, ils ont mis leur père à la retraite et ont construit une maison familiale confortable dans laquelle la famille élargie pourrait vivre, les premières générations côtoyant les dernières. Au Canada, la tradition favorise la famille nucléaire, que les enfants quittent dès qu'ils sont assez vieux et autonomes. Mais les Lai sont demeurés ensemble, sans jamais vivre séparément. Grands-parents, enfants et petits-enfants vivent tous sous un même toit, et les enfants sont habitués à cohabiter avec leurs parents, même une fois mariés(10).

Cet appui familial mis à part, les réseaux communautaires parallèles ont été eux aussi des sources de soutien affectif appréciables et des points de rencontre pour les gens partageant les mêmes origines(11).

Les immigrants indochinois au Canada ont beaucoup en commun, aux chapitres culturel et linguistique, avec les immigrants chinois. De ce fait, les Vietnamiens ont pu profiter des services et des organisations de la communauté chinoise canadienne. Toutefois, ils ont aussi déployé des efforts concertés afin de mettre en valeur leur propre patrimoine distinct, de fonder leurs propres associations culturelles et d'organiser des festivités communautaires(12).

Sur le plan religieux, la plupart des Canadiens vietnamiens pratiquent le bouddhisme mahayana et célèbrent les rites religieux bouddhistes lors des naissances, des mariages et des décès. Les cultes bouddhiste, confucianiste, taoïste et des ancêtres sont surtout pratiqués à la maison. À l'échelle nationale, la Fédération canadienne des associations vietnamiennes compte de nombreuses associations locales et s'efforce de préserver la culture vietnamienne et de faciliter l'intégration sociale de ses membres à la société canadienne(13).


Notes En Fin De Texte:

1, 3, 4, 5, 8, 9, 10, 11, 12, 13
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998)

2
From Being Uprooted to Surviving: Resettlement of the Vietnamese « Boat People »,
par Lawrence Lam
(York Lanes Press, Toronto, 1996)

6,7
Uprooting, Loss and Adaptation: The Resettlement of Indochinese Refugees in Canada
(Dwok B. Chan et Doreen Marie Indra, éd., Association canadienne de santé publique, Ottawa, 1987)


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