Mémoires d'un pays
Episodes Série Home


General History

  HÉRITAGE

Même si T. Phillips Thompson prêchait pour une république canadienne indépendante, l'héritage et l'influence de la Grande-Bretagne au sein de la société canadienne étaient manifestes et incontournables. Même aujourd'hui, certaines des institutions canadiennes les plus fondamentales s'inspirent ou, dans bien des cas, découlent directement de modèles anglais. Manifestement, le système de gouvernement parlementaire ressemble beaucoup à la formule britannique du cabinet, où celui-ci administre le pays, mais rend compte au Parlement. De même, le droit civil en vigueur dans les provinces canadiennes (sauf au Québec où le code civil français prévaut) est basé sur la common law anglaise. Et le système de justice des tribunaux canadiens suit lui aussi de près l'exemple anglais(12).

L'Église anglicane est une autre des institutions anglaises les plus prédominantes et typiques dont le Canada ait hérité. Elle s'est organisée ici presque exactement de la même façon que dans la mère patrie. D'autres organismes communautaires comme la Croix-Rouge, les Scouts et les Guides nous viennent aussi directement d'Angleterre(13).

Les partis politiques canadiens ont eux aussi été profondément influencés par les modèles britanniques. Les termes « libéral » et
« conservateur », par exemple, sont d'origine britannique. De même, le Nouveau Parti Démocratique découlerait de la tradition de socialisme démocratique implantée par le Parti travailliste indépendant britannique(14).

Avec leurs traditions de démocratie sociale, les travailleurs britanniques ont importé la formule de la syndicalisation, avec pour résultat que les syndicalistes britanniques ont constitué l'élite du mouvement ouvrier canadien. T. Phillips Thompson est un de ceux-là. L'échec de son père lui avait inspiré pour toujours de la méfiance à l'égard du capitalisme et des privilèges de classe. Après avoir étudié le droit, Thompson en a abandonné la pratique, renonçant à une carrière d'aisance et de privilèges pour lui préférer le prestige du journalisme. Mais il a bientôt mis sa plume au service de la classe ouvrière et des opprimés. Il a contesté avec véhémence la société capitaliste industrielle en formation et est devenu un porte-parole du chapitre canadien des Chevaliers du Travail, la grande organisation de réforme ouvrière de la fin du XIXe siècle. Thompson a composé le recueil de chants des Chevaliers pour la réforme ouvrière, a prononcé régulièrement des allocutions publiques et a rédigé une chronique dans le journal des Chevaliers, The Palladium of Labour. En 1887, il a écrit ce qui a été dépeint comme la critique la plus cohérente du mouvement ouvrier, The Politics of Labour.

Notes En Fin De Texte:

1, 2, 3, 5, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

4
The Canadians,
par George Woodcock
(Fitzhenry & Whiteside, Don Mills, 1989).

6
A Source Book of Canadian History
( J.H. Stewart Read, éd., Longmans Canada Limited, Toronto, 1964).

8
The Future Government of Canada,
par T. Phillips Thompson (1864).

 


précédent