Mémoires d'un pays
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General History

  HISTOIRE DE L'IMMIGRATION

Les Anglais qui, comme T. Phillips Thompson, ont immigré au Canada au XIXe siècle, le faisaient souvent pour des raisons économiques. À cette époque, nombre de travailleurs étaient au chômage et avaient peine à survivre en Angleterre(1). T. Phillips Thompson avait vu son père épicier faire faillite à deux reprises à Newcastle-Upon-Tyne. Thompson avait 14 ans lorsqu'il a quitté le Nord industriel de l'Angleterre en compagnie de ses parents quakers. Ils se sont établis à Lindsay, en Ontario, près de Toronto.

À cette époque, de nombreux immigrants recevaient des encouragements ou une forme d'aide pour qu'ils refassent leur vie au Canada. L'Angleterre était alors la mère patrie impériale qui alimentait de multiples colonies. De ce fait, bon nombre d'immigrants anglais ont occupé à leur arrivée des postes officiels en tant que fonctionnaires ou militaires et ont décidé de rester une fois leur engagement terminé(2).

De nombreuses provinces canadiennes ont été peuplées et formées en grande partie par les immigrants britanniques. Lorsque la Colombie-Britannique s'est jointe à la Confédération en 1871, par exemple, la majorité de ses agents publics provenaient des îles britanniques. Halifax, fondée en 1749, est l'une des villes les plus anciennes des colonies atlantiques. On a estimé que les deux tiers de la population d'origine de 3000 habitants de cette ville étaient constitués d'Anglais. Ils y étaient en poste pour contrer les Français à Louisbourg. La Nouvelle-France est devenue une colonie britannique lors de la signature du Traité de Paris, en 1763, après la prise de Louisbourg en 1758 et celle de Québec en 1759(3).

Une vague de loyalistes, ceux-là qui ont choisi de rester fidèles à la mère patrie britannique, a déferlé sur le Canada à la fin de la Guerre de l'indépendance américaine. Ces immigrants politiques des colonies américaines ont acquis un statut particulier et obtenu des terres en retour de leur loyauté. La plupart se sont établis dans ce qui est devenu la province du Nouveau-Brunswick. Certains se sont installés sur le territoire qui a pris le nom de Haut-Canada en 1791. Plus tard, un petit contingent de loyalistes s'est dirigé vers les Prairies, qui étaient particulièrement attirantes puisqu'on y offrait des terres gratuites(4).

La première vague d'immigrants britanniques au Canada s'était estompée en 1851. Toutefois, des ressortissants britanniques ont continué par la suite d'affluer au Canada en grand nombre. Les historiens distinguent quatre mouvements d'importance. Après la Confédération est arrivé un groupe distinct constitué d'orphelins provenant de crèches, d'écoles industrielles et d'écoles d'assistance. Des milliers de ces enfants ont été amenés ici gratuitement et placés dans des résidences dans tout le Canada à titre de pupilles de diverses sociétés, jusque dans les années 1920(5).

L'ouverture des Prairies canadiennes a attiré un autre contingent de colons, entre 1890 et 1914. Au tournant du siècle, on recensait moins de 10 000 colons britanniques. En 1906, toutefois, après l'ouverture d'un bureau d'immigration à Londres, 65 000 immigrants sont arrivés au Canada. En 1913, leur nombre a culminé à 113 004. Le gouvernement britannique, aux termes de l'Empire Settlement Act de 1922, a aidé 130 000 autres immigrants à s'établir au Canada après la Première Guerre mondiale. Après la Seconde Guerre, plus de 7000 ont immigré, bon nombre d'entre eux étant des travailleurs industriels qualifiés, des artisans et des techniciens. En 1957, le nombre d'immigrants britanniques atteignait 75 546, et en 1967, 43 000(6).

Notes En Fin De Texte:

1, 2, 3, 5, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

4
The Canadians,
par George Woodcock
(Fitzhenry & Whiteside, Don Mills, 1989).

6
A Source Book of Canadian History
( J.H. Stewart Read, éd., Longmans Canada Limited, Toronto, 1964).

8
The Future Government of Canada,
par T. Phillips Thompson (1864).


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