Mémoires d'un pays
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General History

  HÉRITAGE

Les Américains ont laissé un important héritage permanent au Canada. William Van Horne, par exemple, y est venu pour occuper le poste de directeur général du Canadien Pacifique, en 1862. Les historiens lui attribuent le mérite de l'organisation et de la construction du chemin de fer à travers les Rocheuses et les Prairies; le tronçon reliant Winnipeg à Calgary a été terminé en 1883, après des années de retard. Toujours sous la direction de Van Horne, le CP a mis sur pied un service télégraphique et a investi dans le secteur des messageries. On lui doit le lancement, en 1891, de la célèbre compagnie de navigation Empress of Pacific, flotte de vapeurs rapides et luxueux qui faisaient la navette entre Vancouver et Hong Kong. Ils acheminaient le courrier pour le gouvernement britannique et encourageaient le transport des touristes et des marchandises entre l'Orient et le Canada. Van Horne a également fondé des hôtels du CP comme le Banff Springs en Alberta, le Château Frontenac à Québec et le Château Laurier à Ottawa(11).

Les colons américains ont également marqué l'histoire en prenant la tête du mouvement de protestation agraire dans l'Ouest. Henry Wise Wood était un de ceux-là. Né dans une famille aisée d'agriculteurs exploitant des fermes au Missouri et au Texas, Wood s'est fait éleveur et s'est intéressé de près à la réforme agraire. En 1904, il a visité l'Alberta, alors considérée comme " le dernier des meilleurs coins de l'Ouest ". Il y a acheté une ferme et est devenu en 1914 directeur des Cultivateurs unis de l'Alberta. Wood s'est par la suite taillé la réputation d'être l'un des plus puissants personnages des milieux agricole et politique en Alberta. Il prêchait l'établissement d'une organisation agricole solide et à grande échelle, de façon que les gens des régions rurales puissent tenir tête aux banquiers, aux industriels et aux professionnels(12).

C.D. Howe était un autre colon américain qui a laissé sa marque dans l'agriculture avant de se tourner vers la politique. Entre 1915 et 1935, il a fait figure de grand constructeur d'élévateurs à grains. Son entreprise s'étant écroulée à cause de la Grande Crise, il s'est lancé sur la scène politique fédérale en 1935 en tant que libéral et a joint le cabinet de Mackenzie King. Au Parlement, Howe a détenu le portefeuille des Transports et a contribué à la création des Lignes aériennes Trans-Canada (aujourd'hui Air Canada). En 1940, il était nommé ministre des Munitions et présidait à la mise sur pied de l'économie de guerre canadienne. Il était muté en 1944 à un nouveau ministère, celui de la Reconstruction. Il avait alors pour mission de ramener l'économie canadienne à un système de libre entreprise en temps de paix(13).

Walter Graves Penfield compte lui aussi parmi les immigrants américains qui se sont illustrés au Canada. Il a fondé en 1934 l'Institut neurologique de Montréal qui est devenu un centre de renommée mondiale pour la recherche et le traitement des maladies du système nerveux et qui demeure un chef de file dans ce domaine. C'est à cet institut que Penfield a mis au point la « technique de Montréal » pour le traitement chirurgical de l'épilepsie. Penfield a ensuite joint les rangs de la fonction publique, soutenant l'enseignement universitaire et l'apprentissage d'une langue seconde dès le jeune âge(14).

Il faut évidemment mentionner, pour terminer, Martha Black, qui s'est épanouie en sol canadien. Devenue spécialiste de la flore du Yukon, elle a donné de nombreuses conférences sur la beauté et l'histoire de ce territoire. Elle a élevé une famille et prospéré dans l'industrie du sciage. En 1904, elle épousait George Black et du coup devenait une fidèle conservatrice. Lorsque son mari a été nommé commissaire du Yukon, Martha s'est imposée comme première dame. Elle a suivi son mari en Angleterre durant la Première Guerre mondiale, où elle a été accueillie au sein de l'Ordre de l'Empire britannique (OBE) pour son aide aux militaires du Yukon. Elle est plus tard devenue membre de la Royal Geographic Society en reconnaissance de ses travaux sur la flore du Yukon. George Black étant incapable de se présenter à nouveau aux élections fédérales en 1935, Martha s'est portée candidate à sa place. À l'âge de 70 ans, elle a fait campagne dans la vaste circonscription du Yukon, souvent à pied. Deuxième femme élue au Parlement canadien, Martha Black est connue surtout et avant tout comme première dame du Yukon.

Notes En Fin De Texte:

1,2,3,5,6,7,8,10,11,12,13
The Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

4
Only Farmers Need Apply, par Harold Martin Tropper
(Griffin House, Toronto, 1972).

9
They Can't Go Home, par Richard L. Killmer
(Pilgrim Press, Philadelphia, 1975).


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