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![]() Les premiers colons (de 1600 à 1776) La plus ancienne des colonies allemandes au Canada se développe entre 1750 et 1753 en Nouvelle-Écosse, alors que 2 400 paysans et hommes de métier protestants quittent le sud-ouest de l'Allemagne pour s'établir avec leur famille à Halifax. Des agents britanniques les ont recrutés en vue de renforcer la position des Britanniques contre les Français en Acadie. En 1753, 1 400 de ces Allemands fondent la communauté de Lunenburg tout près. Malgré l'absence de connaissances dans le domaine de la marine, la génération d'Allemands qui suit celle des nouveaux arrivants est constituée d'habiles pêcheurs, marins et constructeurs de bateau. Dans les années 1760, les concessions de terres attirent quelque 1 000 Allemands de plus qui quittent la Nouvelle-Angleterre et l'Allemagne pour venir s'installer dans la vallée d'Annapolis en Nouvelle-Écosse(2). Indépendance américaine (de 1776 aux années 1820) La guerre de l'Indépendance américaine entraîne la migration des Loyalistes. En 1786, les Allemands représentent le groupe de descendance non britannique le plus important, soit entre 10 et 20 pour cent des personnes qui se réfugient au Canada. Ils arrivent au pays dès 1776, les parents de la plupart d'entre eux ayant émigré du Palatinat. Installés d'abord à New York, ils se retrouvent vite mêlés à la politique de leurs voisins, des propriétaires irlandais loyalistes.(3) Tandis que certains Allemands s'enfuient, d'autres prennent les armes. Les Britanniques forment quelque 30 000 troupes après avoir recruté des Allemands provenant de la principauté de Hesse, qui aident à mettre fin à la guerre de l'Indépendance. Environ 2 400 habitants de cette principauté resteront au Canada. Ils joueront un rôle important dans la société canadienne, tant sur le plan culturel que démographique, ne serait-ce qu'en raison du fait qu'en 1783, ils représentent entre 3 et 4 pour cent de l'ensemble de la population de sexe masculin au Canada. Dans les villages du Québec où sont cantonnés ces Allemands originaires de la Hesse, bon nombre d'entre eux épousent des filles du pays, fondent des familles nombreuses et s'assimilent rapidement (4). L'un des cofondateurs de la ville de York devenue aujourd'hui Toronto, l'artiste et spéculateur foncier allemand William Berczy, entreprend en 1794 un vaste projet de colonisation du canton de Markham. Il fait venir 190 immigrants d'Allemagne qu'il recrute pour ouvrir une route à travers la forêt, qui deviendra la rue Yonge de Toronto. Il défriche la terre, cultive les champs, construit une église et une école et érige une communauté modèle reconnue pour ses moulins allemands. L'entreprise est dissoute en 1803 lorsque le conseil exécutif du Haut-Canada qui se méfie des intentions de William Berczy invalide sa cession (6). L'Ouest canadien, de 1874 à 1914 En 1911, l'Ouest canadien compte 152 000 colons allemands. Entre 1874 et 1879, quelque 7 000 Mennonites ont quitté la Russie après qu'on leur ait retiré leur exemption du service militaire. Ils fondent des communautés bien intégrées au Manitoba et qui démontrent clairement que les paysans de la Russie s'adaptent bien à l'agriculture des Prairies et que, sur le plan ethnique et confessionnel, l'établissement de colonies homogènes est une stratégie viable favorisant la colonisation de l'Ouest canadien(7). L'entre-deux-guerres Malgré la germanophobie qui existe en 1918, le Canada accueille 1 000 pacifistes de la secte des Huttérites et entre 500 et 600 Mennonites qui cherchent à échapper à l'intolérance marquée des Américains à leur égard. Sauf dans un cas, chacune des 18 colonies huttérites en Amérique (formées de descendants d'immigrants germanophones arrivés d'Ukraine au cours des années 1870) est arrivée au Canada en vertu d'un décret de 1899 qui garantit aux Huttérites l'exemption du service militaire. Cependant, en mai 1919, l'entrée au pays est interdite aux sectes des Huttérites et des Mennonites jusqu'en 1921, ainsi qu'aux ressortissants d'anciens pays ennemis jusqu'en 1923(9). Le Canada accepte en 1924 d'admettre à nouveau des Allemands qui sont considérés comme des immigrants « non privilégiés », c'est-à-dire confinés à des travaux domestiques et agricoles. En janvier 1927, les ressortissants allemands accèdent à la catégorie « privilégiée ». Parmi les 100 000 immigrants allemands que le Canada accueille entre 1924 et 1930, 52 pour cent viennent de l'Europe de l'Est et 18 pour cent, d'Amérique(10).
1-18 - The 1998 Canadian
& World Encyclopedia
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