Mémoires d'un pays
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WATARI DORI: A Bird of Passage
Immigration History
Watari Dori : un oiseau migrateur raconte l'histoire d'Irene Tsuyuki, une Nippo-Canadienne de deuxième génération. Le père de Mme Tsuyuki est arrivé au Canada entre 1907 et 1910. Après la Seconde Guerre mondiale, il décide de retourner avec sa famille au Japon, son pays natal. En 1949, Irene retourne au Canada, décidée à vivre la vie meilleure que son père avait tenté d'instaurer pour les siens des années auparavant.

Le père de Mme Tsuyuki fait partie de la première vague de Nippo-Canadiens qui arrivent au Canada entre 1877 et 1928. Ce premier groupe de Canadiens d'origine japonaise est appelé Issei. En 1914, 10 000 Japonais sont établis de façon permanente au Canada. La plupart des Issei sont jeunes, ils savent lire et écrire et viennent des villages surpeuplés de p'cheurs et d'agriculteurs des îles méridionales de Kyushu et de Honshu(1).

Peu de temps après s'être établi au Canada, le père de Mme Tsuyuki fait une demande de mariage par correspondance. Jusqu'en 1907, la plupart des immigrants japonais sont de jeunes hommes. Cette année-là, cependant, le Canada insiste pour que le Japon limite à 400 par année le nombre d'immigrants de sexe masculin qui entrent au Canada. Par conséquent, à partir de cette date, la plupart des immigrants sont de jeunes femmes qui viennent rejoindre leur époux. En 1928, le Canada réduit le nombre d'immigrants japonais à 150 par an. En 1940, l'immigration japonaise cesse complètement et ne reprendra qu'en 1967(2).

Comme la plupart des immigrants japonais de la première vague, la famille Tsuyuki s'installe en Colombie-Britannique. Le père d'Irene ouvre une cordonnerie dans la rue Powell à Vancouver, au coeur de la communauté nippo-canadienne. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens d'origine japonaise ne sont pas les bienvenus aux yeux de l'ensemble de la société canadienne. Ils se regroupent donc dans leurs propres enclaves, comme la rue Powell, et dans des villages de la vallée du Fraser, comme Steveston et Mission City. Les Canadiens d'origine japonaise mettent sur pied leurs propres institutions sociales, religieuses et économiques, construisent des églises chrétiennes et des temples bouddhistes et shintoïstes, des écoles de langue japonaise, des centres communautaires et des hôpitaux où travaillent des médecins et des infirmières japonais. Ils forment aussi des associations coopératives pour la mise en marché de leurs produits agricoles et de leurs poissons, mettent sur pied des associations culturelles et communautaires d'auto-assistance et organisent des activités sociales. En 1941, on compte plus de 100 clubs et organisations dont profite une communauté très liée de 23 000 personnes, dont la moitié sont des enfants(3).

La deuxième vague d'immigrants japonais ne commence à arriver que plusieurs années plus tard, en 1967. La culture de ces immigrants est très différente de celle des paysans d'avant la Première Guerre mondiale apportée par les Issei. Ces nouveaux immigrants sont issus de la classe moyenne urbaine et industrialisée du Japon. La culture de ces nouveaux immigrants compte de nombreuses traditions japonaises qu'avaient perdues les descendants des Issei. C'est ainsi que cette nouvelle culture japonaise permet aux jeunes Canadiens d'origine japonaise d'apprendre la langue de leurs ancêtres et d'autres traditions comme les arts martiaux, le taiko, l'odori, l'origami et l'ikebana(4).

Notes en fin de text:

1-4 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(Toronto: McClelland & Stewart, 1998).

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