Mémoires d'un pays
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SONS AND DAUGHTERS: The Italians of Schreiber
Immigration History
Héritage

Selon le recensement de 1991, plus de 750 000 Canadiens ont déclaré être strictement d'origine ethnique italienne, et près de 450 000, ne l'être qu'en partie. Près de 95 % des Canadiens d'origine italienne vivent dans un milieu urbain, dont 65 % en Ontario, 23 % au Québec et 7 % en Colombie-Britannique.

Dans les villes où les Italiens se sont établis en nombre suffisant, des quartiers ethniques se sont créés. Ces « petites Italies », avec leurs boutiques, restaurants, clubs et églises typiques, sont facilement reconnaissables, mais elles sont rarement devenues des ghettos, séparés du reste de la société. Le déplacement des immigrants vers des quartiers résidentiels de banlieue plus prospères a été important, mais on retrouve encore des petites enclaves de Canadiens d'origine italienne qui ont choisi de vivre les uns près des autres à cause des liens de parenté qui les unissent ou de l'appartenance à un même village d'origine (10).

Une des institutions sociales les plus importantes pour les Canadiens d'origine italienne, en dehors de l'Église catholique, a été la famille élargie. Dans le famille traditionnelle en Italie, les rôles étaient clairement définis. Le mari était considéré comme le chef de la famille et le pourvoyeur; on attendait de la femme qu'elle soit une bonne ménagère et une bonne mère. Les enfants devaient obéissance et respect à leurs parents. Chaque membre de la famille devait agir pour le bien de l'ensemble de la famille, plutôt que dans son intérêt personnel. Beaucoup d'immigrants italiens ont essayé de maintenir ce genre d'organisation familiale. Ces façons d'être traditionnelles, toutefois, diffèrent de celles qui sont généralement prônées par la société canadienne. Les aspirations à monter dans l'échelle sociale et à se réaliser individuellement sont souvent entrées en conflit avec la solidarité familiale et la conformité aux rôles traditionnels (11).

Les deuxième et troisième générations descendant de Cosimo Figliomeni doivent concilier ces valeurs culturelles souvent contradictoires. Les petits-enfants de Cosimo se lamentent, sans trop de conviction toutefois, de la disparition progressive de la place que tenaient traditionnellement la famille et la culture. Au temps de l'arrière-grand-père, le raisin était foulé aux pieds. Aujourd'hui, les parents pressent le raisin dans le garage, et la génération suivante, elle, préfère aller acheter une bouteille de vin au magasin d'alcools.

La génération actuelle, disent les anciens, n'a plus de réelles racines italiennes. Tout homme ou femme qui est né et a grandi en Italie sait qu'il faut pouvoir se débrouiller avec rien. L'arrière-petit-fils de Cosimo Figliomeni, Cosimo Filane, exprime cette réalité sur le mode humoristique, dans une chanson. Où ça? À une réunion de famille bien sûr!

Je suis venu d'Italie,
Pour chercher gloire et fortune.
Je travaille dur et fais des économies,
Et les bambinos flambent tout, sans considération aucune...


Pourtant, les « bambinos » n'ont pas totalement oublié leurs origines italiennes. Les choses sont peut-être en train de changer, mais il y a toujours un profond respect pour les valeurs traditionnelles de la famille et de la communauté. La jeune génération s'en va découvrir le vaste monde, part à l'université chercher des diplômes, mais ils reviennent à Schreiber, pour travailler dans l'entreprise familiale et s'établir. Ils reviennent dans leur ville, vers leur famille et leur communauté dont ils font partie intégrante et qui est implantée dans la région depuis 1905.

Notes en fin de texte:

10,11 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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