Mémoires d'un pays
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BREAKING THE ICE: The Mary Ann Shadd Story
Immigration History
Héritage

Mary Ann Shadd fonde sa propre école intégrée à Windsor, en Ontario. L'école est ouverte à tous. Henry Bibb, un chef reconnu de la communauté noire, s'oppose à cette idée d'intégration, et affronte ouvertement Mary Ann Shadd. Leurs divergences d'opinions sont rapportées abondamment dans les pages des deux journaux de la communauté noire de l'époque.

Le journal de Bibb, le Voice of the Fugitive, s'attaque ouvertement aux idées de Mary Ann Shadd et à elle personnellement. Celle-ci lance alors son propre journal, le Provincial Freeman, devenant ainsi la première Noire en Amérique du Nord, et probablement dans le monde, à fonder et à publier un journal. Le Provincial Freeman permet à Mary Ann de communiquer ses opinions arrêtées contre la ségrégation : elle croit que le fait d'avoir des églises, des écoles, des communautés et des journaux distincts va finir par décourager les Noirs de rechercher leur véritable liberté.

Cependant, on peut affirmer que c'est grâce à leur regroupement que les Noirs ont pu conserver leur identité culturelle distincte et créer une communauté étroitement liée et autonome. Le principal soutien institutionnel est l'Église, habituellement baptiste ou méthodiste, établie à cause du refus des congrégations blanches d'admettre les Noirs. L'Église joue non seulement un rôle spirituel, mais également un rôle social et politique important au sein de la communauté noire. Au vingtième siècle, les Églises dirigent le mouvement pour l'obtention de meilleures chances de scolarisation et pour la défense des droits civils(14).

De par sa lutte pour l'éducation et l'égalité des Noirs, Mary Ann Shadd en vient à étudier le droit. Elle reçoit ses attestations de formation juridique de la Howard University et commence à pratiquer le droit à l'âge de 60 ans. L'héritage qu'elle laisse, par son action dans les domaines de l'éducation, de l'édition et du droit, est celui d'une femme qui a agi selon ses propres convictions et refusé les limites imposées par la société. L'autonomie est la véritable clé de l'égalité, de l'intégration et de la liberté : telle est sa devise.

Notes en fin de texte:

14 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(Toronto: McClelland & Stewart, 1998).

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