Mémoires d'un pays
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BREAKING THE ICE: The Mary Ann Shadd Story
Immigration History
Obstacles

Pour de nombreux Noirs, le Canada est une terre promise. Mary Ann Shadd reconnaît leur espoir ardent et sa fragilité. Elle veut fonder une école intégrée parce qu'elle craint que les Noirs au Canada ne soient ghettoïsés et exclus de la société. Pour elle, l'intégration signifie la plus grande autonomie possible. Mais elle signifie également de travailler en collaboration et de vivre avec les autres. Elle croit que les Blancs ont autant à apprendre au sujet des Noirs que les Noirs au sujet des Blancs. Elle croit qu'il est préférable que les gens s'intègrent et qu'ils se connaissent.

Les préjugés et la discrimination persistent dans cette terre promise, ainsi que la réticence à l'égard de l'intégration. La plupart des Noirs loyalistes venus au Canada libres sont, comme Mary Ann Shadd l'avait craint, victimes de ségrégation à cause de la politique gouvernementale et vivent dans des collectivités à la périphérie des grandes villes de Blancs. En Ontario, les fugitifs du chemin de fer clandestin tendent également à s'établir dans des communautés isolées, mais davantage pour s'aider et se protéger contre la population canadienne blanche qui n'était pas toujours accueillante(5).

Des migrants loyalistes venus plus tôt en Nouvelle-France avaient emmené avec eux des esclaves noirs. L'esclavage existait au Canada même à l'époque où il est tombé sous la domination britannique pour faire partie de l'Amérique du Nord britannique. En 1793, John Simcoe conteste la légalité de l'esclavage dans le Haut-Canada, qui devient la seule colonie à adopter une loi pour abolir l'esclavage. Toutefois, il s'agit d'un affranchissement progressif - on ne peut plus acheter ou vendre de nouveaux esclaves, mais les Noirs déjà esclaves demeurent la propriété de leurs maîtres. En 1800, des tribunaux d'autres parties de l'Amérique du Nord britannique décident d'éliminer l'esclavage et en août 1833, le Parlement britannique adopte une loi abolissant l'esclavage dans toutes les colonies. La loi entre en vigueur en août 1834(6).

De nombreux Canadiens blancs étaient opposés à l'esclavage pour des raisons d'ordre moral et ont aidé les réfugiés en provenance des États-Unis. D'autres ont été effrayés par l'arrivée d'immigrants noirs, les considérant comme arriérés, ignorants, immoraux, criminels et comme une menace pour l'économie(7). Les Noirs étaient traités principalement comme une source de main-d'oeuvre à rabais. La pauvreté était répandue chez les premiers colons noirs(8). Et même après l'abolition définitive de l'esclavage dans l'Empire britannique en 1884, les Noirs ont subi de nombreux préjudices au sein de la société(9).

Le racisme à l'égard des Noirs au Canada a existé à la fois au niveau individuel et institutionnel et s'est traduit par des politiques d'immigration restrictives et des pratiques discriminatoires à l'égard des immigrants non blancs(10). La population noire au Canada est demeurée peu nombreuse jusque dans les années 1960, époque où des modifications apportées à la Loi sur l'immigration ont supprimé la discrimination contre les immigrants non blancs et autorisé un grand nombre d'Antillais et d'Africains à entrer au Canada. De 1950 à 1995, le Canada a reçu environ 300 000 immigrants des Antilles et plus de 150 000 de l'Afrique, y compris des personnes de descendance asiatique et européenne(11).

C'est grâce au mouvement pour la défense des droits civils des années 1950 et 1960, dirigé par Martin Luther King junior, que des lois sur les droits civils ont été adoptées pour interdire la discrimination fondée sur la couleur, la race, la religion ou l'origine nationale aux États-Unis. Le mouvement pour la défense des droits civils aux États-Unis a accru la confiance et la fierté personnelles des Canadiens noirs, ce qui a favorisé une plus grande intégration sociale et de meilleures chances(12). Au cours des vingt-cinq dernières années en particulier, les gouvernements fédéral et provinciaux ont mis en oeuvre des lois et des politiques en matière de multiculturalisme et de droits de la personne(13).

Notes en fin de texte:

6,8,10,11,13 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(Toronto: McClelland & Stewart, 1998).

5,7,9,12 - The Black Canadians, Their History and Contribution
by Velma Carter and Levero Carter (Edmonton: Reidmore Books Inc., 1989).

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