Mémoires d'un pays
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THE ROAD CHOSEN: The Story of Lem Wong
Immigration History
Obstacles:

À partir de 1885, les immigrants chinois comme Lem Wong doivent verser une taxe d'entrée au moment d'entrer au Canada. Au tournant du siècle dernier, le gouvernement fédéral réduit encore davantage l'immigration des Asiatiques. La taxe d'entrée est fixée à 100 $. En 1902, le gouvernement met sur pied une commission royale sur l'immigration chinoise et japonaise. Selon le rapport de la commission, les Asiatiques ne sont pas dignes de devenir citoyens à part entière, ils représentent un danger pour l'État et il est impensable qu'ils puissent former une communauté libre(9).

À la suite de la parution du rapport en 1903, le Parlement adopte cette même année une loi en vue de porter la taxe d'entrée à 500 $. On ne sera guère surpris d'apprendre que l'immigration chinoise passe de 4 719 qu'elle avait été l'année précédente à 8 l'année suivante. Mais même l'imposition de telles lois ne peut freiner le désir d'améliorer son sort. L'immigration chinoise reprenant à nouveau, le gouvernement canadien adopte une loi d'exclusion des Chinois, mettant virtuellement un terme à l'immigration chinoise. Les Sino-Canadiens donneront au 1er juillet 1923 qui marque la date d'adoption de cette loi le nom de « Jour de l'humiliation ». Pendant de nombreuses années, les Chinois refuseront de respecter la fête du Canada qu'on souligne à la même date(10).

© Glenbow Archives
Calgary, Alberta NA-3976-4
À cette époque les Sino-Canadiens font l'objet de nombreux préjugés et stéréotypes des plus blessants. Certains Canadiens estiment que les logements surpeuplés des Chinois sont insalubres, et ils en veulent aux Chinois qui sont prêts à travailler très dur pendant de longues heures, à des salaires très bas(11).

Dans le cas de Lem Wong, le travail année après année dans des blanchisseries et comme marchand de légumes et de volaille, a finalement été récompensé. En 1914, il se lance dans une nouvelle entreprise et ouvre le Café Wong à London (Ontario). Malgré la période difficile qu'amène la Crise de 1929, le restaurant connaît la réussite grâce au sens des affaires de Lem. Mais celui-ci se heurte encore à certains esprits étroits. Il n'a pas le droit, par exemple, d'employer des femmes de race blanche dans son restaurant, à cause d'une loi provinciale qui vise à protéger les Blancs contre la corruption des Sino-Canadiens.

En 1947, en reconnaissance de la contribution des Chinois à la société canadienne, on abroge la législation discriminatoire contre les Chinois et on accorde enfin aux Sino-Canadiens le droit de vote. Mais les restrictions visant l'immigration chinoise ne seront levées complètement qu'en 1967(12).

Notes en fin de texte:
9,12 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

10,11 - Struggle and Hope, The Story of Chinese Canadians
by Paul Yee (Umbrella Press, Toronto, 1996).

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