Mémoires d'un pays
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A LAND AS GREEN AS THE SEA
Immigration écossaise

Obstacles

Le profil de l'immigration et de la colonisation écossaises au cours des XVIIIe et XIXe siècles reflétait les facteurs qui ont poussé les Écossais hors de leur pays et les ont attirés vers le Nouveau Monde. Lorsqu'il y a eu de fortes pressions démographiques dans les Highlands, de nombreux Écossais ont été évincés de leurs terres et ont choisi de quitter l'Écosse en raison des perspectives d'avenir limitées. Lorsque les tensions se sont amoindries, les Highlanders ont cessé d'émigrer au Canada en aussi grand nombre(7).

Pendant ce temps, les Écossais au Canada se sont retrouvés de plus en plus dans une position ambivalente. Ils faisaient partie de la culture britannique dominante tout en insistant pour maintenir leur propre identité. Les immigrants écossais étaient attirés par le Canada en raison des manufactures et des villes en plein développement, même si nombre d'entre eux se sont plutôt dirigés vers l'ouest du Canada, derniers grands espaces encore non cultivés. C'est le chemin qu'ont suivi les ancêtres de Tom Radford, mais seulement après un siècle de migration(8).

Après avoir combattu dans la guerre de Sept ans, les ancêtres de Radford ont reçu une concession de terre et se sont établis à Salem, au Massachusetts, dans les années 1760. Ils ont épousé des membres de la famille Kerwin, qui étaient juges dans les procès contre les sorcières de Salem et des défenseurs du Roi pendant la guerre de l'Indépendance. Par conséquent, les Américains ont accusé la famille de traîtrise et celle-ci a tout perdu. La famille a dû se déraciner encore une fois et émigrer en Nouvelle-Écosse, puis dans le Haut-Canada. En 1782, elle a reçu une concession de terre, récompense attribuée aux loyalistes de l'Empire-Uni en reconnaissance du soutien accordé au Roi. Cette concession se trouvait à l'angle de deux chemins de campagne appelés Bloor et Yonge; elle représente aujourd'hui la valeur foncière la plus élevée au Canada. Mais la mauvaise fortune a poursuivi la famille jusque dans le Nord. Celle-ci a vendu la terre, déménagé à Brantford et fondé un journal. Cependant, encore une fois, la famille ne s'est pas tout à fait intégrée. Cette fois, le problème était le Family Compact (concentration du pouvoir dans un nombre limité de familles) étouffant qui régissait le Haut-Canada. La société ontarienne était devenue aussi oppressive qu'au Massachusetts.

Finalement, à l'instar de milliers d'immigrants au tournant du siècle, la famille s'est dirigée vers l'Ouest canadien. Les grands-parents de Tom Radford, Arthur Palmer-Watt et Gertrude Hogg, sont arrivés à Edmonton en 1905, l'année même où l'Alberta est devenue une province. A son arrivée, Gertrude s'est exclamée « Si vous pensez que je vais rester dans ce dépotoir, vous allez voir ce que vous allez voir! » Bien entendu, elle s'est rapidement entichée de l'endroit. Radford se souvient que sa grand-mère avait l'habitude de dire « La famille a été évincée de presque chaque endroit où elle est allée avant de s'établir en Alberta. » Après avoir erré pendant cent ans, ces émigrants écossais avaient enfin trouvé un endroit qu'ils pouvaient appeler leur chez-soi.

Notes en fin de texte:
1-13 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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