Mémoires d'un pays
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A LAND AS GREEN AS THE SEA
Immigration écossaise

Dans Une terre verte comme la mer, Tom Radford part à la recherche de ses racines écossaises. Il commence par ses grands-parents, les journalistes Arthur Balmer Watt et Gertrude Hogg, qui se sont établis en Alberta en 1905. Plus loin dans le passé, Radford remonte à ses ancêtres loyalistes de l'Empire-Uni, qui ont tout perdu au cours de la guerre de l'Indépendance. Et encore plus loin dans le passé, il retrace des parents éloignés évincés de leur terre qui a été incendiée lors des "Clearances" des Highlands.

Les liens entre l'Écosse et le Canada remontent à plus de trois cents ans, soit au XVIIe siècle. L'Écosse fonda l'une des premières colonies au Canada lorsque Sir William Alexander se vit concéder, en 1621, une charte pour le territoire qui constitue aujourd'hui la Nouvelle-Écosse. Alexander fonda de petites colonies au Cap-Breton et dans la baie de Fundy, qui ne se sont pas développées et que les Écossais cédèrent à la France en 1632. Quelques Écossais immigrèrent en Nouvelle France, mais la première arrivée importante d'Écossais au Canada eut lieu vers 1720 lorsque la Compagnie de la Baie d'Hudson recruta des hommes de l'archipel des Orcades pour travailler dans l'Ouest (1). Peu après, des soldats des Highlands d'Écosse sont venus en Amérique de Nord pour servir dans les régiments de l'armée britannique qui vainquit les Français lors de la guerre de Sept ans. Ils étaient partis d'Écosse en raison des perspectives d'avenir limitées. C'est la raison pour laquelle la famille de Tom Radford est venue. Il s'agissait de fermiers qui durent abandonner leurs terres lors de l'invasion par les Anglais en 1746. Dans les colonies de l'Amérique du Nord britannique, les hommes étaient enrôlés dans les armées de l'Angleterre pour défendre un empire qui n'était pas le leur. Les Écossais étaient reconnus comme combattants : les Black Watch, les Scottish Greys, avec leurs joueurs de cornemuse les menant au combat. Lorsque les Anglais vainquirent les Français, les soldats écossais reçurent des concessions de terre dans le Nouveau Monde. Ils ne pouvaient retourner chez eux parce que leurs fermes en Écosse avaient été confisquées pendant les « Clearances » des Highlands (2).


Entre 1770 et 1815, quelque 15 000 Highlanders immigrèrent au Canada; ils s'établirent surtout à l'île du Prince-Édouard, en Nouvelle­Écosse et au Québec. La plupart d'entre eux venaient des Highlands de l'Ouest et des îles écossaises. Ils parlaient presque uniquement le gaélique et beaucoup étaient catholiques. Ils se réunirent en communautés agricoles. Au début du XIXe siècle, le gaélique était la troisième langue européenne au Canada. Quelques Highlanders furent attirés vers la colonie de la rivière Rouge par le comte de Selkirk, et d'autres Écossais pratiquant le commerce de la fourrure s'y établirent avec leurs familles indiennes après 1821(3).

Après 1815, l'immigration écossaise augmenta, et son profil se modifia. Des Écossais des Lowlands, encouragés par le gouvernement britannique, se joignirent aux Highlanders pour s'établir au Canada. Entre 1815 et 1870, quelque 170 000 Écossais firent la traversée de l'Atlantique, soit environ quatorze pour cent de l'émigration britannique totale à l'époque. Vers 1850, la plupart des émigrés s'établirent dans la Province unie du Canada plutôt que dans les colonies des Maritimes. Selon le recensement de 1871, 157 Canadiens sur 1 000 étaient d'origine écossaise.(4).

Les immigrants de cette époque représentaient un échantillonnage fidèle de la population écossaise. La plupart étaient fermiers et artisans, mais il y avait aussi beaucoup d'hommes d'affaires et de membres des professions libérales, notamment des enseignants et des religieux. La plupart étaient presbytériens et parlaient anglais (5). Le mouvement d'émigration de l'Écosse vers le Canada s'est poursuivi tout au long du XIXe et jusqu'au XXe siècle. De 1871 à 1901, 80 000 Écossais sont arrivés au Canada avec l'espoir d'une vie meilleure : 340 000 sont arrivés au cours des premières années du siècle avant la Première Guerre mondiale, 200 000 entre 1919 et 1930 et 147 000 entre 1946 et 1960(6).

Notes en fin de texte:
1-13 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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