Mémoires d'un pays
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LOUIS HÉBERT: A Legacy of Tenacity
Immigration History
Obstacles

Différents facteurs politiques et militaires viendront entraver les efforts de colonisation. Les alliances conclues par Champlain ont fait des Iroquois des ennemis. Entre 1648 et 1652, ces derniers ravagent la Huronie, plaque tournante de l'activité commerciale et missionnaire des Français. Les attaques menées contre le coeur mÍme de la colonie témoignent bien de la précarité de sa situation(7).

En 1663, la colonie de Québec est devenue une entreprise commerciale hasardeuse : le commerce des fourrures nuit à l'agriculture, le choc des cultures débouche sur la guerre et les maladies chez les autochtones, la population de langue française est restreinte, et l'administration de la colonie par des exploiteurs s'avère un désastre. La monarchie française reprend alors ses droits sur la colonie. Sous le règne du jeune roi Louis XIV, la Nouvelle-France connaît un certain regain de vie. Ce dernier accorde à la colonie le statut de province française et la dote d'une structure hiérarchique et administrative similaire à celle des autres provinces de France. Il suit de près son développement, en étend le territoire et permet aux entreprises de se multiplier. Il faut également prendre en considération la nécessité d'assurer la paix(8). Sous le commandement du marquis de Tracy, le régiment français de Carignan-Salières érige des forts et rase des villages iroquois pour démontrer la puissance militaire des Français. Les Iroquois ayant accepté de faire la paix, 400 soldats décident de rester au sein de la colonie et de s'établir comme colons. Le roi envoie également 850 jeunes femmes afin d'encourager les mariages et la famille. Vingt ans plus tard, la progéniture de ces « filles du roi » fait que la situation démographique a changé. Alors qu'en 1663, il y avait une femme pour six hommes, il y a maintenant à peu près autant de femmes que d'hommes. Par la suite, la colonie se repeuplera à 90 p. 100 grâce aux naissances(9).

L'impérialisme qui caractérise le règne de Louis XIV, la pacification des Iroquois ainsi que la nécessité de rétablir les accords relatifs au commerce des fourrures contribuent à relancer l'exploration de nouveaux territoires dans la région des Grands Lacs et le long du Mississippi. Mais en 1682, les conflits avec les Indiens recommencent. Parallèlement à cela, des facteurs économiques se conjuguant à la situation politique et militaire de mÍme qu'à l'oeuvre des missionnaires créent une demande considérable pour les fourrures des autochtones. Étouffés par une réglementation de plus en plus stricte, les commerçants ont de la difficulté à trouver leur profit, en dépit du fait que les fourrures constituent les seules exportations de la colonie(10).

Aux incertitudes qui planent sur l'avenir de la colonie de la Nouvelle-France viennent s'ajouter les difficultés constantes que suscite l'alternance des régimes français et britannique en Acadie. Dans la vallée du Saint-Laurent, les colons sont encore astreints à la tâche pénible qui consiste à défricher le terrain, et les artisans ne peuvent plus compter sur le soutien des grandes entreprises commerciales dans l'exercice de leur métier(11).

Compte tenu de tous ces problèmes et d'un rythme d'expansion somme toute modéré, la Nouvelle-France est devenue un « colosse aux pieds d'argile ». Les colonies britanniques d'Amérique sont vingt fois plus peuplées. Par le traité d'Utrecht, en 1713, la France cède aux Anglais les territoires de Terre-Neuve, de la péninsule acadienne et de la baie d'Hudson, de mÍme que le contrôle du commerce avec les Iroquois(12).

Notes en fin de texte:
7-12 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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