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![]() En 1608, l'explorateur français Samuel de Champlain et une vingtaine d'ouvriers arrivent de France et établissent une colonie le long du fleuve Saint-Laurent. Ils y érigent l'« habitation », vaste bâtiment de trois étages destiné à les abriter et à assurer une présence à cet endroit, qui deviendra plus tard la ville de Québec(1). L'« habitation » se compose également de maisons de bois, regroupées autour d'une cour mais entourées par une palissade et un fossé; un pont-levis et un petit canon permettent de contrôler l'accès à cette petite forteresse érigée pour parer à toute éventualité. La colonie française établie à Québec se développe petit à petit. En 1628, soit 20 ans après sa fondation, le poste de traite des fourrures qui comptait à l'origine 28 hommes est devenu un village en mÍme temps que la capitale de la Nouvelle-France. Il compte maintenant environ 70 habitants, y compris des femmes et des enfants(2). Champlain est considéré comme le fondateur de la Nouvelle-France, mÍme si les premières tentatives d'établir une colonie française ont été faites en Acadie. C'est là qu'en 1605 le sieur de Monts fonde le petit établissement de Port-Royal, sur les rives de la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse. Des maisons de bois pouvant abriter 40 personnes sont construites autour d'une petite cour. On défriche les champs et on aménage des jardins. Les Indiens viennent y échanger leurs pelleteries. Pourtant, le sort de la colonie de Port-Royal demeure précaire, étant donné qu'elle coûte plus cher qu'elle ne rapporte. En conséquence, Champlain conseille à de Monts de déménager ses pénates pour venir s'établir le long du Saint-Laurent. Port-Royal est donc abandonné; plus tard, cependant, l'endroit sera occupé de nouveau et fera l'objet de maintes batailles entre puissances désireuses de s'assurer la haute main sur la colonie de l'Acadie. Par la suite, la France concentrera ses efforts de colonisation sur les abords du Saint-Laurent(3). De 1608 à 1663, l'administration de la colonie est assurée par des compagnies composées de marchands de différentes villes en France. En échange de droits exclusifs sur les ressources locales, ces compagnies s'engagent à coloniser et à développer le territoire français d'outre-mer. De 1623 à 1663, la Compagnie des Cent Associés dirigera les destinées de la Nouvelle-France. Mais elle ne parviendra pas à atteindre les résultats escomptés. En 1663, la population de la colonie atteint à peine 3 000 personnes, dont 1 175 nées en Nouvelle-France. Moins de 1 p. 100 du territoire octroyé a été exploité, et sur une possibilité de revenu annuel de 5,4 livres provenant de l'exploitation des ressources répertoriées par Champlain en 1618 pÍche, mines, bois, chanvre, étoffe et fourrures seules les fourrures assurent un revenu le moindrement substantiel(5). La situation en ce qui concerne la conversion religieuse des autochtones en Nouvelle-France n'est guère plus reluisante, en dépit d'une explosion de ferveur missionnaire au cours de la première moitié du siècle. En 1634, les Jésuites reprennent la mission de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons dans les régions sauvages de l'Ouest. Ville-Marie, qui deviendra Montréal, est l'oeuvre de mystiques et de fervents. Mais les missionnaires ne réussissent à convertir que très peu d'Indiens(6).
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