Mémoires d'un pays
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THE FULLNESS OF TIME: Ukrainian Stories from Alberta
Immigration History
Héritage

En 1991, dans la foulée de l'effondrement de l'Union soviétique, l'Ukraine devient un État indépendant. En 1991 également, 406 645 Canadiens se disent d'origine ukrainienne, tandis que 647 650 déclarent une ascendance en partie ukrainienne. Avec l'indépendance de l'Ukraine, les Canadiens d'origine ukrainienne peuvent entrevoir un changement de mentalité, par la reprise à la fois de l'immigration et de la communication, autrefois impossible, avec leur pays natal(12).

Par exemple, le petit-fils d'Alexander Szpak, Harvey Spak, est un auteur et cinéaste de l'Alberta qui prend plaisir et fierté à se rappeler l'histoire des premiers immigrants ukrainiens, l'héritage qu'ils ont laissé et le chemin parcouru. Les grands-parents d'Harvey Spak étaient des Ukrainiens catholiques et l'Église, se rappelle Spak, a joué un rôle essentiel dans l'histoire de la famille Szpak. En fait, dans celle de tous les immigrants ukrainiens.

Les Ukrainiens de Galicie sont des catholiques de rite oriental, mais ceux de Bucovine sont orthodoxes. Au début, aucun prêtre n'immigre, et d'autres Églises, notamment les méthodistes et les presbytériens, essaient de combler le vide. Jusqu'en 1912, où ils acquièrent une hiérarchie et une Église indépendante, les Ukrainiens catholiques sont sous l'autorité de l'Église catholique romaine. L'Église orthodoxe russe oeuvre parmi les immigrants, mais perd rapidement de sa popularité après 1917. En 1918, les Ukrainiens fondent l'Église orthodoxe grecque ukrainienne du Canada, et constituent l'Église orthodoxe ukrainienne depuis 1989(13).

Les immigrants ukrainiens sont profondément chrétiens. Leur croyance est profondément ancrée en eux et ne s'est pas démentie en raison de leur venue au Canada. Les premiers édifices publics qu'ils construisent en tant que communauté sont des églises. L'Église jouait un rôle primordial dans la préservation de la langue, de la culture et de l'identité des Canadiens d'origine ukrainienne. Les dômes majestueux de ces églises, à l'architecture tellement particulière, dominaient le paysage des Prairies(14). Comme le dit Harvey Spak, « Elles sont comme un voilier toutes voiles dehors, l'image du paradis sur terre .»

En 1991, 23,2 % des Canadiens d'origine ukrainienne appartenaient à l'Église catholique ukrainienne, 18,8 % à l'Église orthodoxe; 20,1 % étaient catholiques romains, 10,9 % faisaient partie de l'Église unie et 12,6 % ont déclaré ne pas avoir de religion(15). On voit encore un grand nombre de ces églises typiquement ukrainiennes dans le paysage de l'Ouest. La plupart sont toujours actives et entretenues par les communautés locales, qui sont fières de leur héritage.

La majorité des rites chrétiens, teintés de paganisme, de la vie paysanne ukrainienne sont rejetés à cause de l'urbanisation et de la laïcisation. Mais les arts traditionnels comme la broderie, la décoration des oeufs de Pâques, la danse, la musique et la cuisine sont appréciés à l'extérieur de la communauté ukrainienne du Canada(16). De nombreux artistes ukrainiens, comme Harvey Spak, se tournent vers leur héritage à la fois au Canada et en Ukraine pour trouver des sources d'inspiration et de documentation. D'une certaine façon, l'histoire que retrace Harvey Spak de ses ancêtres est sa propre histoire.

Notes en fin de text:
12,13,14,15,16 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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