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Halya Kuchmij
Il y a vingt ans, j'ai
produit et réalisé mon premier film documentaire indépendant
intitulé THE STRONGEST MAN IN THE WORLD. J'ai vraiment fait
ce travail avec amour -- c'était l'histoire douce-amère
de Michael Swistun, homme fort et magicien canadien d'origine ukrainienne
de la campagne du Manitoba, qui a fait une tournée dans l'ouest
du Canada pendant la Dépression pour présenter son spectacle
solo. Le narrateur était Jack Palance, et le film allait se
voir décerner un prix Génie (Meilleur court métrage),
ce qui a miraculeusement projeté ma carrière dans la réalisation
de documentaires. En rétrospective, je me rends compte que ce film
a été pour moi un film charnière à bien des
égards.
Avec THE FULLNESS OF TIME,
j'ai bouclé la boucle en ce sens que j'y raconte l'histoire
des premiers immigrants ukrainiens qui se sont établis dans l'ouest
du Canada. Tourné dans le nord-est de l'Alberta, le film est un
récit poétique, accompagné d'images saisissantes
des Prairies, d'une musique évocatrice et d'extraits d'archives
rares dans lequel le cinéaste et écrivain Harvey Spak
d'Edmonton raconte des histoires fantastiques authentiques. Il en résulte
une mosaïque d'émotions où se m'lent le rire et les
larmes de ces premiers immigrants.
Avec ce film, THE FULLNESS
OF TIME, je reviens à un thème qui m'est cher et qui
reflète mes racines ukrainiennes. Mes parents ont émigré
dans l'est du Canada après la Seconde Guerre mondiale. Je me sens
proche de ces premiers immigrants ukrainiens et je ressens l'urgence de
raconter leur histoire. Lorsque nous étions dans l'Ouest pour le
tournage l'automne dernier, j'ai encore ressenti un profond attachement
à cette terre et à ces gens qui s'y sont établis
il y a si longtemps. À bien des égards, je sens que je fais
partie de cette conscience collective, et que ces premiers immigrants
ukrainiens sont des ancêtres spirituels. J'espère que THE
FULLNESS OF TIME rend hommage à leur mémoire.
Biographie
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