Mémoires d'un pays
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PASSAGE FROM INDIA
Immigration History

En 1897, la reine Victoria invite ses loyales troupes indiennes à assister à Londres aux célébrations marquant le soixantième anniversaire de son règne. Sur le chemin du retour, les soldats traversent le Canada et reviennent en Inde la t'te pleine de ce pays pr't à accueillir des sujets britanniques comme eux. Leurs récits parviennent au village de Saraba au Penjab et incitent un homme nommé Bagga Singh à quitter son foyer pour s'installer dans ce Canada plein de promesses en 1913.

Les premiers sikhs étaient venus au Canada en 1902; ils faisaient partie d'un contingent militaire de Hong-Kong venu assister au couronnement d'Édouard VII. Certains d'entre eux reviennent s'établir en Colombie-Britannique. En fait, plus de 5 000 Sud-Asiatiques, dont plus de 90 p. 100 sont des sikhs, s'installent dans cette province avant qu'on leur interdise d'immigrer en 1908. Par la suite, ce groupe de population tend à émigrer vers d'autres pays et s'amenuise jusqu'à ne plus compter que 2 000 personnes, presque toutes sikhes(1).

Malgré la forte discrimination dont ils font alors l'objet, les sikhs fondent rapidement en Colombie-Britannique une communauté étroitement soudée, centrée sur ses institutions religieuses. La Vancouver Khalsa Diwan Society voit le jour en 1907 et incite les sikhs à construire l'année suivante un premier temple permanent appelé « gurdwara ». En 1920, il existe des gurdwaras à New Westminster, ville de Bagga Singh, à Victoria, à Nanaimo, à Golden, à Abbotsford, à Fraser Mills et à Paldi(2).

La communauté sikhe du Canada se développe autour des gurdwaras, lieux de culte dont le nom signifie littéralement « porte du Guru », par l'intermédiaire desquels les sikhs viennent en aide aux membres de la communauté dans le besoin et organisent la lutte dramatique contre l'interdiction de l'immigration. En 1920, les sikhs de Vancouver réussissent à réunir 300 000 $ qui sont remis à des oeuvres de bienfaisance en Inde et consacrés à la défense des sikhs du Canada(3).

Au Canada, les institutions religieuses sikhes connaissent une croissance considérable quand, dans les années 20, les épouses et les enfants obtiennent la permission de venir rejoindre les résidents sikhs légalement installés. Des familles entières hommes, femmes et enfants participent alors assidûment aux pratiques religieuses tant au temple qu'à la maison(4).

La religion sikhe constitue le fondement d'une forte identité communautaire entre les première et deuxième guerres mondiales. Très peu de sikhs choisissent de renoncer à leur foi pour s'assimiler à la société canadienne ou de se marier avec des personnes extérieures à la communauté sikhe. Le principal changement religieux survient entre 1920 et 1960 quand certains hommes de la deuxième génération décident de devenir des Sahajdharis en se coupant les cheveux et la barbe que la tradition demandait de laisser longs et se v'tant comme les autres Canadiens(5).

La communauté sikhe et le sikhisme connaissent d'autres changements quand l'immigration reprend dans les années 50. Les immigrants arrivés après la guerre sont souvent plus citadins, plus instruits, plus occidentalisés et moins traditionnels sur le plan religieux que ceux qui les ont précédés. Au cours des années 60 et 70, des dizaines de milliers de sikhs instruits s'établissent au Canada, en particulier dans le sud de l'Ontario entre Toronto et Windsor et, petit à petit, des gurdwaras voient le jour dans chacune des grandes villes à l'est de Montréal(6).

Selon le recensement, 145 000 sikhs se trouvaient au Canada en 1991, mais ce chiffre paraît un peu faible. On estime plutôt à 180 000 personnes la population sikhe installée au Canada à la fin de 1993(7).

Notes en fin de texte:

1-7 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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