Mémoires d'un pays
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PASSAGE FROM INDIA
Immigration History
Héritage

Après dix-sept longues années d'attente, Harkaur, l'épouse de Bagga Singh, rejoint son mari au Canada et donne peu après naissance à une troisième fille, Nsibe. Pour Bagga Singh comme pour les autres Canadiens d'origine indienne en général, les liens familiaux et le sentiment d'appartenance à la communauté constituent des aspects importants d'une vie bien remplie et prospère. Quand Bagga Singh découvre que la femme de son ami vient du même village que lui, il l'adopte pour ainsi dire au sein de sa famille, à tel point que les enfants de la jeune femme considèrent Bagga Singh comme leur grand-père et qu'un lien étroit, transmis d'une génération à l'autre, unit toujours les deux familles. Aux yeux des sikhs, les liens du coeur sont aussi forts que les liens du sang.

Ces liens familiaux et communautaires forment l'assise de la société et de la prospérité économique. Bon nombre de familles indiennes grandissent et prospèrent. Un siècle après leur arrivée, certains Indiens continuent à travailler dans les scieries, mais beaucoup d'autres sont propriétaires de ces entreprises. Comme les autres travailleurs, Bagga Singh se déplace : d'abord installé dans la région continentale, il vient ensuite s'établir à Paldi dans l'île de Vancouver. Cette petite ville, qui porte le nom du village du Penjab d'où est venu Mal Singh, le propriétaire de la scierie, est la seule localité fondée par des Indiens au Canada.

En 1947, quatre mois après l'octroi du droit de vote aux Indiens résidant au Canada, les Britanniques quittent l'Inde et lui accordent son indépendance. Cet événement est célébré dans le monde entier. Au Canada, Bagga Singh, maintenant citoyen canadien à part entière et fier de l'être, se réjouit sans doute de savoir que l'Inde est désormais libre.

La communauté sikhe du Canada reste très sensible aux événements qui touchent les sikhs et le sikhisme en Inde, et en particulier à la montée au Penjab d'un mouvement nationaliste qui, depuis les années 70, revendique plus de droits pour les sikhs et un État sikh indépendant. L'attention constante aux questions indiennes a une incidence sur la pratique religieuse des sikhs du Canada et leur conscience accrue de former un peuple suscite une remarquable augmentation de l'Amritdharis et du Keshdharis, même parmi les Canadiens et Canadiennes des deuxième et troisième générations(12).

Grâce à ses puissantes institutions communautaires et à sa forte conscience collective, le sikhisme s'est solidement établi au Canada et a résisté aux tentatives d'assimilation. L'immigration continue et l'émergence d'une génération plus nombreuse permet d'estimer que le Canada comptera environ 200 000 sikhs en l'an 2000(13).

Notes en fin de texte:

11-13 - The 1998 Canadian & World Encyclopedia
(McClelland & Stewart, Toronto, 1998).

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