Mémoires d'un pays
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English SOMETHING FROM NOTHING: The Shumiatcher Saga
Director Diary
David Paperny

On disait que c'était impossible. On m'avait prévenu que l'histoire de la famille était trop longue et trop compliquée et que je n'arriverais jamais à tout couvrir en une demi-heure. Ou bien on trouvait amusante mon idée de transformer l'histoire de notre famille en quelque chose d'assez léger pour le grand public.

Pourtant, pendant bien des années, lorsque je mettais mes enfants au lit, je leur racontais des anecdotes puisées dans l'histoire de mes ancêtres, et les enfants semblaient beaucoup les apprécier -- mais elles servaient aussi à reporter l'heure du dodo.

J'ai finalement lancé l'idée au festival de la télévision de Banff, au printemps de 1997. Je croyais que le tout ferait une fascinante mini-série de trois heures. La direction de la diffusion m'a répondu que j'étais fou, mais que l'histoire pourrait peut-être s'adapter à la formule de la série Mémoires d'un pays.

Les choses se sont alors précipitées. J'ai téléphoné à des parents à travers l'Amérique du Nord. La plupart d'entre eux ont cru à une plaisanterie. D'autres attendaient depuis des générations de voir le nom de la famille sous les projecteurs. J'ai convaincu ma soeur et mon beau-frère de me laisser filmer la bar-mitsva de leur fils qui, finalement, représente le point culminant du documentaire. Ma soeur Marina, qui est juge et toujours des plus confiantes, s'inquiétait quand même un peu : « Tu ne nous mettras pas dans l'embarras, David? » Je répondais : « Bien non! Quel intér't aurais-je à faire cela? »

Mon beau-frère Shep, dentiste de jour et f'tard de nuit, s'inquiétait que je ne m'amuserais pas du tout derrière mon objectif. Il ne savait pas que filmer c'est ma vie. Par contre, je craignais un peu que mon équipe de tournage perturbe les célébrations, peut-être ferait-elle trébucher la vieille tante Ruth -- ce qui m'a valu quelques cheveux gris.

Et puis tout s'est arrangé. Je savais que nous avions beaucoup de bonnes photos de famille représentant mes grands-parents et des membres de leur génération. J'ai demandé un peu partout si, par miracle, il n'y aurait pas aussi un vieux film maison quelque part. Surprise! On m'a déniché une multitude de rouleaux de film 16 mm en parfait état, dont quelques-uns dataient des années 1920! Je ne suis évidemment pas le premier cinéaste de la famille.

Finalement, même si je n'ai pu utiliser toutes les entrevues réalisées au cours de la fin de semaine de la bar-mitsva, la famille a été incroyablement coopérative et confiante. Un des moments mémorables du projet fut lorsque les membres de la famille ont vu leurs vieux films transférés sur VHS. Judah, par exemple, n'avait jamais vu le film de son mariage, célébré en 1953! Pour ma part, ce fut un délicieux plaisir d'intégrer des prises de mes trois enfants célébrant une « simcha » en famille, bien que pour mon fils de huit ans, Daniel, le meilleur fut de se voir à l'écran, dégustant ma bière.

Maintenant, je n'ai qu'à attendre de voir la réaction de la famille à l'émission Smithbilt, un héritage qui se transmet, qui paraîtra pour la première fois le 20 juin! Qui sait? Si elle est favorable, il y aura peut-être une suite.

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